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«L’enfer est pavé de bonnes intentions» de Lauren Weisberger: le grand retour d’Emily

Lauren Weisberger
Photo courtoisie, Mike Cohen Lauren Weisberger

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Quinze ans après la publication du best-seller Le Diable s’habille en Prada, adapté à l’écran avec l’inoubliable prestation de Meryl Streep en Miranda Priestly, la détestable éditrice d’un magazine de mode, la romancière américaine Lauren Weisberger replonge dans l’univers glamour mais exigeant d’Emily Charlton, l’ex-stagiaire, dans son nouveau roman, L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Les fans retrouveront avec plaisir Emily dans cette déclinaison (spin-off) très attendue et humoristique du Diable s’habille en Prada.

Cette fois, l’action du roman se déroule non pas au cœur de Manhattan, mais dans la chic banlieue de Greenwich, au Connecticut.

Une ville où les pelouses sont magnifiquement entretenues, où les femmes sont tout aussi parfaites, et où tout le monde est à la recherche d’une bonne rumeur ou d’un commentaire à faire sur ses voisins.

Dans cette banlieue parfaite, Miriam, ex-associée dans un des plus grands cabinets d’avocats de New York, apprivoise sa nouvelle vie de «femme au foyer».

Karolina, une ex-top model maintenant mariée avec le nouveau sénateur de l’État de New York, est arrêtée pour conduite en état d’ébriété et tente de sauver la face.

Cette mésaventure tombe dans les cordes d’Emily, qui s’est reconvertie en consultante en image à Hollywood, depuis sa démission du magazine de mode Runway.

Les trois femmes devront faire front commun pour se sortir de la crise dans laquelle elles sont plongées.

Déménagement

Lauren Weisberger a eu beaucoup de plaisir à retrouver les personnages du Diable s’habille en Prada, dit-elle en entrevue.

Son roman — une satire sociale bien sentie — est rempli de piques bien aiguisées, de remarques croustillantes et de rebondissements inattendus.

«J’ai récemment quitté la ville pour aller vivre en banlieue. Ce que j’y ai retrouvé m’a beaucoup surprise... au point où je trouvais que c’était du matériel sensationnel pour un nouveau roman. Je n’ai pas pu m’empêcher de donner une nouvelle chance à Emily, puisqu’elle est l’un de mes personnages préférés.»

Au goût du jour

Lauren Weisberger ajoute qu’elle adore écrire à partir du point de vue d’Emily.

«Elle dit ce que tout le monde souhaiterait dire... mais n’a pas vraiment le courage de le dire. C’était agréable de revisiter sa vie, mais en la replaçant dans un environnement complètement neuf et frais. J’étais curieuse de voir où mes personnages étaient rendus, aujourd’hui.»

«Lorsque le roman commence, Emily traverse une période que plusieurs femmes de son âge traversent : constater qu’une personne plus jeune qu’elle arrive dans son milieu, une personne qui comprend beaucoup mieux qu’elle tout ce qui concerne les réseaux sociaux, la diversité, la promotion, l’autopromotion. J’aime cette idée : Emily est une femme forte, intelligente, qui a confiance en elle. Elle est mariée, elle a sa propre entreprise, mais elle a toujours des doutes, comme tout le monde.»

Quand elle a écrit Le Diable s’habille en Prada, les réseaux sociaux étaient absents du paysage.

«Que ça nous plaise ou pas, les réseaux sociaux se sont infiltrés partout», dit la romancière. «C’était naturel que mes personnages y soient confrontés.»

  • Lauren Weisberger est née en Pennsylvanie en 1976.
  • Elle est l’auteure de la comédie Le Diable s’habille en Prada, adapté au cinéma, et de La Vengeance en Prada.

EXTRAIT

L’enfer est pavé de bonnes intentions, Lauren Weisberger, Éditions Fleuve, 430 pages
Photo courtoisie
L’enfer est pavé de bonnes intentions, Lauren Weisberger, Éditions Fleuve, 430 pages

«Tout en sirotant une margarita basses calories, Emily se creusait la cervelle. De quoi pourrait-elle bien se plaindre? Un soir de Saint-Sylvestre à Los Angeles, soit une des soirées les plus pénibles de l’année, dans ce qui était sans doute la ville la plus pénible du monde — il y avait forcément quelque chose, non? Alors pourquoi ne trouvait-elle rien?

De sa chaise longue, elle observait le superbe corps de son mari fendre l’eau, dans un mouvement qui évoquait une œuvre d’art cinétique. Miles émergea à l’extrémité de la piscine à débordement, là où les eaux turquoise illuminées semblaient se déverser à flanc de montagne, et cala ses coudes sur le rebord du bassin.»

– Lauren Weisberger, L’enfer est pavé de bonnes intentions, Éditions Fleuve