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Les choses se compliquent pour SNC-Lavalin

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Comme rien n’est simple pour SNC-Lavalin ces temps-ci, la vente d’une partie de son investissement dans l’Autoroute 407, en Ontario, vient de se heurter à un obstacle, ce qui retardera une entrée de fonds dont l’entreprise a pourtant bien besoin.

Le mois dernier, SNC a annoncé la vente d’une participation de 10 % dans l’Autoroute 407 à OMERS, le régime de retraite des fonctionnaires municipaux de l’Ontario, pour 3,25 milliards $.

Mais voilà que l’Office d’investissement du Régime de retraite du Canada (OIRPC), qui détient déjà 40 % de l’Autoroute 407, a invoqué son droit de premier refus pour acquérir, au même prix, le bloc de 10 % de SNC-Lavalin à la place d’OMERS. SNC a donc dû mettre fin à son entente avec OMERS, ce qui l’obligera à verser à cette dernière des frais de résiliation d’environ 80 millions $.

Un troisième acheteur se pointe

Et comme si ce n’était pas assez, l’entreprise espagnole Cintra, qui possède 43 % de l’Autoroute 407, souhaite elle aussi tirer parti du processus de vente lancé par SNC-Lavalin pour accroître sa participation. Elle aimerait mettre la main sur 52 % du bloc de 10 % que veut céder SNC. Les 48 % restants iraient à l’OIRPC.

Cette bataille inusitée pour la participation mise en vente par SNC découle probablement du prix relativement avantageux négocié par OMERS vu les difficultés de l’entreprise. L’OIRPC et Cintra veulent en profiter.

Cintra soutient qu’elle jouit elle aussi d’un droit de premier refus, ce que lui refusent SNC et l’OIRPC. La filiale du géant espagnol Ferrovial a donc saisi la Cour supérieure de l’Ontario dans l’espoir d’obtenir gain de cause. L’affaire doit être entendue le 21 juin en mode accéléré.

Fin juin, début juillet

SNC-Lavalin « s’attend à recevoir les fonds à la fin juin ou au début juillet » alors que le marché misait jusqu’ici sur le début juin, a indiqué hier dans une note l’analyste Maxim Sytchev de la Banque Nationale.

Quand la transaction sera finalement bouclée, SNC détiendra toujours 6,8 % de l’Autoroute 407.

La direction de SNC a confié à M. Sytchez que l’entreprise n’aurait « pas besoin de modifier ses facilités de crédit » pour compenser le fait que le produit de la vente arrivera plus tard que prévu.

Mais le temps presse quand même pour encaisser ces 3,25 milliards $. Les nombreux problèmes qui frappent SNC-Lavalin depuis des mois ont fait fondre ses liquidités, ce qui a notamment amené l’agence de notation Standard & Poor’s à décoter l’entreprise, en février.