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Qui est sexiste?

Sue Montgomery
Photo d'archives Sue Montgomery

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Afin de démontrer que les hommes tirent la couverture de leur bord et ne laissent pas parler les femmes, Sue Montgomery, la mairesse de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, tricote une écharpe.

En plein conseil municipal.

Pendant les débats.

Les hommes s’écoutent parler

Quand un conseiller parle, elle tricote avec de la laine rouge.

Pour « Stop », « Arrête », « Ferme ta gueule ».

Quand une femme parle, elle tricote avec de la laine verte.

Pour « Vas-y, ma belle », « Continue », « On t’écoute ».

Or, devinez quoi ?

Il y a plus de rouge que de vert dans son écharpe.

Conclusion : le tricotage de madame Montgomery prouve que le débat démocratique est un exercice sexiste qui avantage les hommes.

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Ben coudonc.

Une autre grande avancée pour la science.

« Les hommes s’écoutent parler, alors que les femmes sont concises et vont droit au but », dit la conseillère.

Combattre le sexisme en faisant des déclarations sexistes.

Voilà qui fait avancer le débat !

Comme si je disais : « Il faut être inclusif et accepter tout le monde, même les wops, les chintoks et les pollocks. »

À quand une bourse pour financer les recherches de madame

Montgomery ?

On pourrait l’envoyer faire du crochet dans les réunions de l’ONU, par exemple.

Chaque fois qu’un représentant d’un pays démocratique parle, tu prends de la laine rose. Et chaque fois qu’un représentant d’un pays antidémocratique parle, tu prends de la laine noire.

Une démarche « artistique »

Imaginez si un politicien disait : « Les femmes n’écoutent pas les débats en chambre, elles passent leur temps à se poudrer le nez, à se faire les ongles ou à se regarder dans le miroir. »

Le gars perdrait son emploi sur-le-champ. Avant même d’avoir terminé sa phrase.

Mais une conseillère peut dire que les gars n’ont rien à dire et s’écoutent parler, et ça passe comme du beurre dans la poêle.

« Madame Montgomery a toujours défendu avec acharnement la parité des sexes. C’est intéressant qu’elle passe par une démarche artistique », a dit la mairesse de Montréal Valérie Plante lorsqu’on lui a demandé ce qu’elle pensait de l’exercice.

Heu...

Madame Montgomery est payée pour tricoter ? Pour effectuer une « démarche artistique » ?

C’est quoi, la suite ?

Elle va se pointer au conseil municipal avec un jeu Light Bright ?

Des lumières blanches pour les femmes, des lumières rouges pour les hommes ?

Le monde à l’envers

Bizarre, quand même...

On est passé de « La race, l’orientation sexuelle et le sexe d’une personne ne comptent pas » à « Tout ce qui compte chez une personne est sa race, son sexe et son orientation sexuelle ».

Méchant virage !

Les antiracistes sont obsédés par la race, les féministes défendent le port du voile, les antifascistes adoptent des méthodes fascistes, les adeptes de la diversité sont pour la pensée unique, les femmes luttent contre le sexisme en disant que les hommes sont des porcs et les gais s’allient avec des fondamentalistes religieux qui considèrent que l’homosexualité est une maladie mentale.

Décidément, ça va super bien !