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«Les aventures de Donovan S» de Virginie Nuyen: superbe satire de l’industrie du luxe

Virginie Nuyen
Photo courtoisie, Astrid di Crollalanza Virginie Nuyen

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Spécialiste du milieu de la communication dans l’industrie du luxe en France, Virginie Nuyen offre une délicieuse satire de ce milieu intransigeant dans son premier roman, Les aventures de Donovan S. Très drôle, mordant, loufoque, son histoire raconte les mésaventures d’un boucher de luxe qui souhaite avoir un succès monstre à la grandeur de la planète. 

Propriétaire d’une boucherie de luxe, Monsieur Donovan S. est totalement captivé par la viande de ses vaches élevées avec le plus grand soin, par la découpe virtuose des pièces et par le service «plateau d’argent» qu’il offre à ses clients.

Ceux-ci doivent prendre rendez-vous longtemps d’avance pour acheter un rôti ou un bifteck.

La viande de Monsieur Donovan S. a un super-pouvoir­­­ : une fois qu’on l’a savourée, il est impossible de s’en passer.

Elena, la narratrice, qui est aussi la cliente de ce boucher distingué, tombe en bas de sa chaise lorsque Monsieur Donovan S. lui propose de travailler pour lui.

Il a des projets ambitieux pour son entreprise. Très ambitieux. Tellement ambitieux, en fait, que tous ses collaborateurs manqueront d’y laisser leur peau.

Virginie Nuyen s’est inspirée de sa propre expérience dans l’industrie du luxe pour écrire ce premier roman déjanté, qui fait un pied de nez aux grandes sociétés, à la consommation de biens de luxe et aux accros aux biens de luxe.

«Je ne me savais pas du tout imaginative et en écrivant ce livre, effectivement, j’ai constaté que je me laissais emporter par l’écriture et que, du coup, ça devenait quelque chose de totalement loufoque, mais qui me plaisait beaucoup», dit-elle en entrevue.

«Un milieu délirant»

Elle a travaillé pendant huit ans dans l’industrie du luxe, il y a quelques années, puis elle a fait autre chose.

«Je me suis dit que c’était quand même un milieu sur lequel on avait peu écrit et que c’était bien de pouvoir le traiter, parce que c’est particulièrement un milieu complètement délirant lui-même, autant que mon livre.»

Pince-sans-rire, elle brosse un portrait fort intéressant de ce milieu. «Vous travaillez, en général, pour des gens extrêmement doués, avec de vraies vocations, mais aussi pour fabriquer des produits extrêmement chers que vous vendez à des gens extrêmement riches. Donc tous les ingrédients sont réunis pour que, dans ce milieu, les choses soient toujours à l’extrême, qu’il n’y ait jamais de milieu.»

Elle a eu envie de raconter un peu ce qu’elle avait vécu, ou à tout le moins les choses qu’il était possible de voir dans le monde du luxe. La réalité dépasse-t‐elle la fiction?

«La réalité dépasse la fiction! Il m’apparaît que dans mon livre, plus les scènes sont inventées, venant de mon imagination, plus elles sont proches de la réalité, justement. En tout cas, dans ce monde-là. Et j’ai pris du plaisir à l’écrire.»

Aucune limite

Gentiment, elle se moque aussi des vedettes qui ne jurent que par les Quatre accords toltèques, un livre culte, dit-elle, dans l’industrie de la mode et du cinéma.

Le délire des rich and famous, le pouvoir, l’ambition, la consommation à outrance n’ont pas de limites, montre-t‐elle dans le roman.

«C’est un milieu où il y a de l’argent, du pouvoir et de l’orgueil. Donc tous les ingrédients sont réunis pour que les situations soient toujours extrêmement fortes symboliquement.»

  • Virginie Nuyen travaille sur son prochain roman, qui parlera de permaculture.
  • Elle n’a jamais voyagé au Québec, mais sa grande amie vit à Montréal.
Les aventures de Donovan S., Virginie Nuyen, NiL Éditions, 180 pages
Photo courtoisie
Les aventures de Donovan S., Virginie Nuyen, NiL Éditions, 180 pages