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Un permis de travail l’empêche de travailler à Québec

Un permis de travail l’empêche de travailler à Québec
Capture d'écran TVA Nouvelles

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Pour une simple question de permis de travail, un chef cuisinier français ne peut pas être payé par le restaurant de Québec où il travaille et doit donc se contenter de faire du bénévolat.

Guillaume Lallemand, qui a été chef cuisinier pendant des années à Paris, voit son rêve de travailler au Québec s'effondrer.

«Le service d'immigration prend énormément de temps. J'ai l'impression que les gens ne savent pas trop exactement ce qu'il faut faire. On peut parler à beaucoup de gens, j'ai passé beaucoup de coups de téléphone et à chaque fois, on tombe sur des personnes différentes qui nous disent quelque chose de différent», a-t-il confié à TVA Nouvelles.

M. Lallemand a en poche un permis de travail fermé qui lui permet de travailler pour un seul employeur. Cet employeur, c'était le Manoir Richelieu, mais des événements l'ont forcé à mettre un terme à son emploi.

Bénévolat forcé

En attendant que sa situation se règle, Guillaume Lallemand fait donc du bénévolat au restaurant Chez Boulay, qui est pourtant prêt à l’embaucher formellement.

Même si officiellement, on peut faire un transfert d'employeur sur son permis de travail, les choses traînent à Immigration Canada. Guillaume Lallemand attend une réponse depuis six mois.

Le chef de renom Arnaud Marchand de Chez Boulay a lui aussi fait des démarches pour que son protégé ait droit à un salaire, mais rien n’y fait.

«Ça nous essouffle, l'entreprise au complet, en fait. Parce qu'on ne sait pas trop où se positionner. Est-ce qu'on l'embauche finalement? Est-ce qu'on essaie d'embaucher d'autres personnes? Est-ce qu'on le garde en ‘stand-by’? Comment on fait pour organiser l'entreprise alors qu'on n'a aucune réponse?», demande Arnaud Marchand.

Pas le seul

Malgré la pénurie de main-d'oeuvre que connaît le Québec, de nombreux travailleurs comme Guillaume Lallemand ne peuvent pas accéder au marché du travail.

«Je comprends tout à fait, par exemple, les gens qui baissent les bras et qui disent: ‘bah, on a l'impression qu'on ne veut pas de nous ici’, on rentre en France, à la maison, puis on tente autre chose», a laissé tomber le cuisinier.