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Championnat de la PGA: une domination rarement vue

Les rivaux de Brooks Koepka désespérés par l’avance

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Photo AFP Au terme de la dernière ronde, Brooks Koepka a accepté les félicitations de Jordan Spieth à Farmingdale, samedi.

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FARMINGDALE, N.Y. | Brooks Koepka l’avait expliqué à l’aube du Championnat de la PGA, les tournois majeurs sont faciles. Si faciles qu’il devance par sept coups son plus proche poursuivant dans un événement rassemblant 99 des 100 meilleurs golfeurs de la planète.

Rarement a-t-on vu pareille situation depuis le Tournoi des Maîtres de 1997 quand Tiger Woods s’était forgé une avance de neuf coups à l’aube de la ronde finale. Il avait pulvérisé les records à 21 ans.

Cette domination totale de Koepka sur le Black Course transforme les belles performances de ses rivaux en banales réussites, les réduisant à des pee-wee. Pourtant, un score cumulatif de -3 à -5 est habituellement suffisant pour l’emporter à Bethpage dans des conditions de tournois du Grand Chelem.

En 2002, Tiger Woods était le seul à avoir brisé la normale en remportant l’Omnium américain à -3. En 2009, Lucas Glover l’avait emporté à -4. Au Barclays de 2012, le vainqueur Nick Watney avait terminé à -10, alors que la normale était fixée à 71. Et à ce même Barclays en 2016, Patrick Reed avait affiché un score final de -9 avec cette même normale à 71.

Aucun drame

Bien que cette clinique de golf soit de toute beauté et impressionnante en tout point, le spectacle en est grandement affecté. On repassera pour une conclusion dramatique cet après-midi, à moins d’un déraillement inattendu. Jack Burke détient l’un des plus grands retours de l’arrière de l’histoire. Il avait effacé huit coups de retard en ronde finale du Tournoi des Maîtres en 1956, tout comme Gary Player en 1978.

Arnold Palmer et Johnny Miller avaient également orchestré de mémorables remontées à l’Omnium des États-Unis. Le premier avait effacé sept coups de retard à Cherry Hills en 1960, tandis que le second avait écrit l’histoire avec une ronde finale de 63 à Oakmont en 1973, en surmontant un retard de six coups.

Impossible ?

Sans le dire haut et fort, ses principaux rivaux Adam Scott, Dustin Johnson, Luke List et compagnie espéraient certainement le voir tomber du trône qu’il occupe depuis les premiers moments du tournoi. Une déroute est si vite arrivée... Sur un parcours aussi brutal que celui du Black Course, les doubles bogueys guettent en tout temps.

« Ça devrait tirer à sa fin à un moment donné, ce sprint à l’avant. Il faut espérer que ça ne durera pas 12 ans comme l’avait fait Tiger Woods, a blagué Scott qui n’a pu tenir le rythme en troisième ronde.

« Il y a encore beaucoup de bogueys à faire sur ce parcours, a-t-il ajouté. Si ce gars continue à courir loin devant, il n’y a rien que nous pouvons faire. »

« Je vais avoir besoin d’un peu d’aide, a renchéri Dustin Johnson. Et je vais surtout devoir très, très bien jouer ! »

Pour d’autres, se tenir si loin de la tête en livrant de bonnes performances est difficile à avaler.

« On ne peut pas s’asseoir et pleurer, car il est meilleur que nous, a signalé Harold Varner III. Brooks nous pousse à être meilleurs. C’est très emmerdant si je dois m’exprimer ainsi. »

De grands joueurs ont totalement perdu le contrôle en ronde finale, notamment Greg Norman lors du Masters en 1996. Dans le cas présent, personne n’a échappé une telle avance dans l’histoire. Par son calme, sa prestance et sa puissance, Koepka devrait conserver son trophée.


Meilleures avances après 54 trous dans un majeur

10 coups Tiger Woods Omnium des États-Unis 2000
10 coups Henry Cotton Omnium britannique 1934
9 coups Tiger Woods Tournoi des Maîtres 1997
9 coups Rory McIlroy Omnium des États-Unis 2011

 

Meilleur retour en ronde finale

8 coups Jack Burke Tournoi des Maîtres 1956
7 coups John Mahaffey Championnat de la PGA 1978
7 coups Arnold Palmer Omnium des États-Unis 1960
6 coups Johnny Miller Omnium des États-Unis 1973