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Viva España

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Je profite de mes dernières heures sur le Vieux Continent pour partager un peu... beaucoup de mon séjour. Deuxième fois que je viens en Espagne, deuxième fois que je me dis que je vais rapporter un peu de leur façon de vivre avec moi. La siesta de 14 h à 16 h risque d’être difficile à appliquer, mais bon.

Certains d’entre vous savent que je suis venu ici pour l’Ironman 70.3 de Mallorca. J’avais aussi envie de relever un défi, celui de vous faire voyager à travers un triathlon, sans vous parler de dépassement de soi ou de la demande physique intense que cela demande. Suivez-moi pour le fun, car entre mon TDAH et ma tête d’artiste, il s’en passe des choses.

Comme ces événements commencent tôt et par la nage, c’est un lever de soleil sur la mer calme qui t’accueille. Tout le monde est souriant et profite de ce sentiment, car on sait que ce n’est qu’une question de temps avant que les grimaces apparaissent sur le visage des participants. Quelques instants plus tard, on s’est retrouvés 4000 en wet suit sur la plage, et du coup, on ressemble à un gros congrès de « capotes humaines » prêtes à sauter dans l’eau.

Snorkeling version haute vitesse

1,9 km à nager dans l’eau salée ! Parmi 3999 autres participants qui font leur imitation d’une gang de saumons qui remontent la rivière, t’essayes d’y retrouver un certain calme. En général, j’en profite pour juste apprécier le fond marin. Je souris en me disant que je suis en train de vivre une expédition de snorkeling version haute vitesse. À noter, pas une bonne idée de rire pendant cette nage, car tu te retrouves à prendre des shooters d’eau salée.

À vélo

Une fois sorti de la Méditerranée et de son bleu magique, c’est ton vélo qui t’attend. 90 km en pleine campagne espagnole, décorée de ses cols et montées, dont une de 18 km avec 5,5 % de dénivelé. Comme les pentes sont ma faiblesse, c’est le festival de ceux qui me dépassent en montant, incluant quelques têtes blanches qui m’ont carrément donné une leçon d’humilité. On s’en fout, car le paysage réconforte mon ego. Un mélange de formations rocheuses qui te fait sentir petit vis-à-vis la puissance de création de la nature. Qu’on se le dise, elle reste le plus grand artiste de nous tous.

Je traverse ensuite des villages pittoresques qui me font imaginer le quotidien de ces habitants. C’est un de mes grands plaisirs : m’imaginer quelle serait ma vie si j’habitais dans les endroits que je visite. Juste avant la transition à la course, je croise les fortifications de la ville qui sont encore solides malgré leurs 800 ans (note à la Ville de Montréal : construire du solide, ça se peut).

Chaque fois que je croise les vieux murs d’une ville, j’ai toujours ce même souhait : j’aimerais que, comme dans un conte, ils puissent me parler et me raconter tout ce qu’ils ont vu au fil du temps.

Je finis par enfiler mes runnings et partir pour les 21 km de course qui m’attendent. Malgré le fait que, chaque fois, je me demande pourquoi je fais ça, je finis par me calmer la tête avec la pensée d’apprécier où je suis. Chaque autre participant que je croise m’amène à imaginer comment est sa vie. J’essaye d’imaginer sa ville ou son village, imaginer les décors qu’il ou elle croise pendant l’entraînement. Du coup, tout passe plus vite.

Évidemment, ce n’est qu’un bref résumé d’une expérience physique de plusieurs heures, mais si ce texte vous a fait revivre des voyages que vous aviez oubliés, si certains souvenirs oubliés se manifestent... eh bien, content de vous avoir fait voyager.