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Des formations gratuites sur le défibrillateur dans les écoles

Un projet pour améliorer la sécurité dans les écoles

L’enseignante Sophie Proulx apprend à utiliser un défibrillateur sous l’oeil attentif du docteur Vincent Gauvin.
Photo Jean-François Desgagnés L’enseignante Sophie Proulx apprend à utiliser un défibrillateur sous l’oeil attentif du docteur Vincent Gauvin.

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Préoccupés par quelques cas d’arrêt cardio-respiratoire en milieu scolaire, quatre résidents en médecine d’urgence spécialisée ont décidé d’offrir une formation gratuite sur l’utilisation du défibrillateur dans les écoles de la région.

Le défibrillateur externe automatisé (DEA) est un appareil simplifié au maximum. Pourtant, la réaction des intervenants reste imprévisible en situation d’urgence devant un enfant en détresse.

L’objectif du projet supervisé par des spécialistes du CHU de Québec est donc de réduire les barrières pour une utilisation optimale du DEA.

«J’ai été interpellé parce que mon fils fréquente une école où est survenu un arrêt cardio-respiratoire. Nous avons sondé toutes les écoles de la Capitale-Nationale pour connaître les barrières à l’utilisation du DEA et nos travaux ont mis en lumière un manque de formation. Bénévolement, nous voulons faire bouger les choses», explique l’un des initiateurs du projet, Pierre-Gilles Blanchard.

En moins de 18 mois, trois incidents se sont produits près de Québec. En novembre 2017, un enfant de 5 ans est décédé après avoir subi un malaise dans une école primaire du secteur de Saint-Émile.

En mars 2018, un garçon de 8 ans s’est écroulé dans une école primaire du quartier Lebourgneuf.

Enfin, en avril 2019, un adolescent de Donnacona est décédé après avoir subi un malaise.

L’équipe de formateurs a également réalisé que l’achat d’un défibrillateur ne suffit pas. Le groupe produira notamment une capsule pédagogique sur l’importance du DEA et sur son fonctionnement.

«Pratiquement toutes les écoles primaires sondées ont un défibrillateur. Mais on voulait aussi savoir si les gens savent où se trouve l’appareil, s’il est dans un local accessible et combien d’intervenants sont formés dans l’école. Parmi le personnel enseignant, le pourcentage était très bas», ajoute M. Blanchard.

Dans la même veine, le cardiologue et chercheur de Québec Paul Poirier s’est également donné comme mission de doter toutes les écoles secondaires de la province d’un DEA.

En confiance

«Dans une situation de stress extrême que représente un arrêt cardiaque pédiatrique, c’est important d’insister sur l’importance de la formation. Simplement ouvrir la machine peut être une barrière», précise Vincent Gauvin.

«Ça me sécurise. Si les deux premières minutes peuvent faire la différence et que je sais quoi faire, je vais me sentir mieux et ça me donne confiance», affirme l’enseignante Isabelle Gagnon.

Pour ce projet, 124 écoles primaires publiques et 15 écoles primaires privées ont été sondées. En moyenne, pour chaque séance, environ 40 intervenants recevront une formation.

Des procédures vitales

  • La survie des enfants fréquentant une institution sans plan d’action est de 10 %, et de près de 70 % dans les écoles dotées de procédures
  • La probabilité de survie diminue de 7 à 10 % par minute écoulée
  • L’incidence de l’ACR chez les jeunes fréquentant l’école est estimée à 2,1/100 000 enfants par année