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Le nouvel enfant chéri new-yorkais

Jazz Janewattananond a savouré chaque minute de son aventure à Bethpage

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Photo AFP Au Black Course de Bethpage, tous les amateurs de golf voulaient toucher à leur nouvelle coqueluche Jazz Janewattananond.

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FARMINGDALE, N.Y. | Quand il a posé le pied sur le premier tertre du Black Course de Bethpage il y a exactement une semaine, Jazz Janewattananond ne savait pas comment il réussirait à le jouer. Sept jours plus tard, il a réalisé un top 15.

« Je ne croyais pas être en mesure de briser le 80. Je faisais un cauchemar », a raconté celui qui a brisé la normale deux fois à ses quatre rondes. Avec son manque d’expérience en Amérique du Nord, il a ainsi évité d’avoir l’air complètement fou à cette deuxième présence en carrière dans un tournoi majeur.

Le talentueux Thaïlandais doit entre autres une fière chandelle à son cadet, Jack Miller, qui trimballe des sacs avec les amateurs sur le Black Course depuis 1969. Le gérant d’une épicerie de Massapequa lui a soufflé à l’oreille tous les secrets de la bête. Et en prime, il voulait le protéger des railleries des spectateurs dissipés de New York. Inutile puisque le golfeur de 23 ans a littéralement pris son pied lors des quatre jours de compétition. En le voyant grimper au tableau vendredi et samedi, avec l’absence de Tiger Woods ce week-end et les ratés de Phil Mickelson, les spectateurs l’ont adopté. Il est devenu le nouvel enfant chéri des New-Yorkais en recevant une dose d’amour à laquelle il ne s’attendait vraiment pas.

il a bien ri

« C’était ma première visite sur la côte Est américaine. C’est si différent. En entendant les spectateurs tenter de prononcer mon nom de famille, j’ai ri aux larmes. Ils continuaient à m’encourager quand même. J’en ai entendu de si bonnes que je ne peux pas les oublier », a raconté celui qui aurait pu volontiers livrer des cours de diction aux spectateurs un peu amochés par le houblon. Même l’annonceur maison sur le premier tertre a bafoué son nom en le présentant à la foule, dimanche. Il a ri, encore.

Mais il a savouré chaque minute sur le Black Course. Il a carburé au rythme des plaisanteries entendues pour l’encourager. Il en aurait même redemandé !

C’est que le golfeur qui partage son emploi du temps entre le circuit asiatique et le circuit européen ne croise pas des dizaines de milliers de spectateurs chaque jour. L’ampleur d’un tournoi majeur aux États-Unis dépasse les limites de l’entendement.

Assis au 72e rang mondial, le champion de l’Omnium de Singapour en janvier a mérité son billet vers Long Island grâce à ce classement officiel.

Expérience bénéfique

À la fin de 2016, alors qu’il avait tout juste atteint 21 ans, Jazz a fait une retraite spirituelle dans un monastère de sa Thaïlande natale comme le veut sa tradition bouddhiste.

En retrouvant la paix et l’équilibre, il a aussi reçu la bénédiction selon ses propos.

Dès février 2017, il a remporté son premier tournoi sur le circuit asiatique. Plus tard durant l’année, il a gagné sa carte vers le circuit européen en réalisant un coup d’approche parfait bon pour un aigle lors de la qualification finale.

L’an dernier, il a participé à l’Omnium britannique à Carnoustie, 11 ans après que son père l’eut amené en Écosse lors de l’édition 2007.

Mais Bethpage l’a fouetté dimanche. En signant une carte de 77 (+7), il a reculé du second au 14e rang. Un top 4 lui aurait permis d’obtenir son laissez-passer pour le Tournoi des Maîtres l’an prochain. Il est tout de même resté l’enfant chéri des New-Yorkais dans une aventure inoubliable.

Dans le calepin...

♦ La journée de travail de Brooks Koepka a commencé sur une note plutôt cocasse à son arrivée à Bethpage. Alors qu’il marchait devant les caméras avec sa conjointe, Jena Sims, il a refusé subtilement un baiser de sa part. Il n’en fallait pas plus pour que l’actrice et modèle accélère le pas, les bras croisés, le bec pincé. Peut-être gardait-il son baiser pour le trophée Wanamaker. Mais le golfeur n’avait d’autre choix que de gagner le tournoi et empocher 1,98 M$ pour ramener la bonne humeur dans la chaumière en soirée !

♦ Corey Conners a retroussé ses manches après sa pire performance du tournoi en troisième ronde. Dimanche, il a signé son meilleur score, une carte de 71 (+1) qui l’a fait grimper au 64e rang avec une fiche finale de +11. « Ça n’a pas été la meilleure semaine, mais j’ai beaucoup appris », a dit le Canadien. Il s’attaquera aux qualifications de l’Omnium des États-Unis le 3 juin en Ohio.

♦ Parmi les coups de la journée, le Danois Lucas Bjerregaard a réussi un trou d’un coup au 17e fanion avec un fer 6 à partir de 206 verges. L’unique as du tournoi. Quelques minutes plus tard, son partenaire de jeu, Lucas Glover a effectué une sortie de fosse de sable parfaite, bonne pour l’oiselet.

♦ Mine de rien, Rory McIlroy a tranquillement escaladé le tableau du championnat. Il était exclu des rondes du week-end vendredi quand il a orchestré une remontée pour éviter le couperet. Il s’est hissé dans le top 10.

♦ Vraisemblablement, la fiche « golfique » du président américain Donald Trump aurait été piratée, a expliqué l’Association de golf des États-Unis (USGA) en répondant à un article du magazine Golfweek qui avait fait une surprenante trouvaille. Selon cette fiche, Trump aurait enregistré une ronde de 68, en avril, sur un difficile parcours non identifié. Un score faisant contraste avec un 96 en octobre, son plus récent paraissant à sa fiche. Sûrement l’œuvre de pirates russes...

♦ Le prochain rendez-vous majeur sera l’Omnium des États-Unis à Pebble Beach en Californie dès le 13 juin. Entre-temps, Dustin Johnson défendra son titre à l’Omnium canadien au club de golf d’Hamilton à compter du 6 juin.