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Législatives en Inde: clôture du scrutin après six semaines de vote marathon

Législatives en Inde: clôture du scrutin après six semaines de vote marathon
AFP

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NEW DELHI | L’Inde a conclu dimanche son vote marathon de six semaines pour les législatives, plus grandes élections de l’histoire dont l’issue déterminera l’avenir de la démocratie la plus peuplée du globe.

Polarisée comme rarement, la société indienne reconduira-t-elle à sa tête l’homme fort Narendra Modi et ses nationalistes hindous, ou retournera-t-elle à une formule politique plus traditionnelle avec une coalition autour de l’historique parti du Congrès? Les urnes livreront leur verdict jeudi, jour du comptage des voix.

Devenu en 2014 l’un des premiers représentants de la vague de dirigeants populistes arrivés au pouvoir à travers le monde ces dernières années, le chef de gouvernement Narendra Modi espère décrocher un deuxième mandat de cinq ans à l’issue d’une campagne acrimonieuse.

Pratiquant une ultra-personnification du pouvoir, et doté d’un sens politique redoutable, ce charismatique fils d’un vendeur de thé du Gujarat (ouest) et son Bharatiya Janata Party (BJP) ont fait de ces législatives un quasi-référendum sur sa personne. Leur campagne a été dominée par une rhétorique sécuritaire, au détriment du message de développement économique promu lors de leur élection initiale.

Le premier ministre a face à lui une myriade de puissants partis régionaux bien décidés à le faire chuter, ainsi que le parti du Congrès emmené par l’héritier de la dynastie Gandhi, Rahul.

Participation à 66%

Près de 120 millions d’électeurs, sur les 900 millions au total que compte l’Inde, étaient appelés aux urnes dimanche pour la septième et ultime phase de ce scrutin uninominal majoritaire à un tour. En jeu au cours de cette journée: 59 sièges de députés sur 543, principalement situés dans le nord et dans l’est du pays, notamment la circonscription du premier ministre.

En raison des dimensions géographiques et démographiques du géant d’Asie du Sud, les régions ont voté à tour de rôle depuis le 11 avril. Les derniers bureaux de vote ont fermé leurs portes à 18h (heure locale) dimanche.

Des villages en haute altitude du Ladakh en passant par la poussiéreuse plaine du Gange ou par les gigantesques mégapoles polluées, la participation s’est établie à 66% aux six premières phases du scrutin, un niveau habituel pour ces élections qui constituent un temps fort de la vie de la troisième économie d’Asie.

Les forces de sécurité ont été déployées en nombre pour le vote dimanche à Calcutta (est), théâtre cette semaine de combats de rue entre les partisans du BJP et ceux de l’opposition.

Une bombe artisanale a été lancée depuis une moto dans un bureau de vote de Calcutta, sans faire de blessés, ont indiqué des responsables. Un groupe a attaqué une permanence du BJP dans la ville, tandis que la police a évacué des militants bloquant l’accès à des bureaux.

Au vu de l’agressivité de la campagne électorale qui a tenu en haleine la nation de 1,3 milliard d’habitants des semaines durant, «le niveau de la politique indienne a gravement baissé», a déclaré à l’AFP Asit Banerjee, professeur d’histoire de Calcutta, en se rendant au bureau de vote.

«Attiser la peur»

Les analystes doutent que Narendra Modi, 68 ans, parvienne à réitérer son exploit de 2014 en obtenant la majorité absolue avec son seul parti. Il pourrait devoir former une coalition pour se maintenir à son poste, ce qui constituerait un retour à la norme pour la politique indienne.

Sa circonscription de Varanasi (nord), ville sacrée sur la rive du Gange, était en jeu à l’occasion de cette septième phase.

«Au cours des cinq prochaines années, je voudrais que le gouvernement se concentre sur le système éducatif. Le niveau de l’éducation doit être rehaussé. Pour le reste, je pense que le gouvernement actuel a fait un bon travail», a témoigné pour l’AFP Shailaesh Gupta, un électeur de la ville.

Au lieu de défendre son bilan, Narendra Modi «a joué sur nos insécurités et fait vibrer nos peurs intérieures profondes», a estimé dimanche le commentateur politique Karan Thapar dans les colonnes du quotidien Hindustan Times.

D’après l’éditorialiste, cette stratégie politique a permis au premier ministre d’occulter ses performances décevantes sur des sujets pressants comme la crise rurale ou le chômage.

Narendra Modi et Rahul Gandhi ont tous deux sillonné l’Inde à un rythme effréné, échangeant des insultes à distance presque quotidiennement. Le nationaliste hindou a tenu au total 142 rassemblements au cours de la campagne, parfois jusqu’à cinq par jour.