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Combats médiévaux: une Québécoise parmi l’élite

Elle défendait hier son titre de championne du monde en Ukraine, qu’elle a finalement perdu en finale

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Photos Agence QMI, Toma Iczkovits Cloée Germain

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Armures, épées et boucliers avaient été relégués aux oubliettes, mais voilà que cet attirail de chevalier gagne en popularité à l’occasion d’une compétition internationale en Ukraine, où une Québécoise défendait son titre de championne du monde de combats médiévaux ce week-end.

« J’ai fait plusieurs sports dans ma vie, mais j’ai toujours été attirée par le monde médiéval. Quand j’ai appris que c’était un sport qui se pratiquait, j’ai tout de suite voulu essayer. C’est tellement spectaculaire et exigeant ! Ça mérite d’être découvert », raconte Cloée Germain, une chevalière des temps modernes, tout juste avant de prendre part à un éreintant entraînement, tout en armure. Celle-ci pèse une soixantaine de livres et exige 30 minutes pour l’enfiler.

<i>Le Journal</i> a pu assister à un entraînement de Cloée Germain (à gauche) et de son entraîneur Benoît Léger, avant qu’ils prennent l’avion pour se rendre à une compétition internationale en Ukraine.
Photos Agence QMI, Toma Iczkovits
Le Journal a pu assister à un entraînement de Cloée Germain (à gauche) et de son entraîneur Benoît Léger, avant qu’ils prennent l’avion pour se rendre à une compétition internationale en Ukraine.

Vêtus de métal, la jeune femme de 26 ans et son instructeur Benoît Léger détonnent au milieu des boxeurs qui s’entraînent à l’Académie Ness Martial, sur le boulevard Crémazie, à Montréal, là où Le Journal a été invité.

Le tintement des lames et des armures qui s’entrechoquent attire l’attention des sportifs présents, lesquels observent avec des regards médusés la scène tout droit sortie du Moyen Âge.

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Photos Agence QMI, Toma Iczkovits

Préparation intense

Les deux comparses se préparaient en vue du tournoi de l’International Medieval Combat Federation à Kiev, en Ukraine, cette fin de semaine. Des centaines de combattants de 29 pays y sont attendus, selon Benoît Léger.

En 2016 et 2017, Cloée Germain a été sacrée championne du monde en duel à la hallebarde et espérait bien défendre son titre avec succès cette année, mais elle s’est avouée vaincue en finale. Elle prend aussi part aux épreuves d’épée longue et d’épée avec bouclier.

« Ça va être un beau défi, j’aime mieux être réaliste et ne pas avoir beaucoup d’attentes pour l’épée longue et l’épée et bouclier. On va voir ce que ça va donner, indique-t-elle. Mais c’est clair que j’aimerais ça aller chercher un autre titre. »

« La hallebarde, c’est son arme de prédilection. Elle est super rapide. Regarde ça tantôt quand on va se pratiquer, je vais en manger une », lance son entraîneur.

Défi physique

Les duels médiévaux représentent un énorme défi physique pour ceux qui les pratiquent, expliquent les deux combattants. Après deux rounds de pratique d’une minute chacun, les deux duellistes sont déjà essoufflés et suent à grosses gouttes.

« Avec le casque, c’est assez difficile de respirer, donc une fois qu’on se met à se battre, on est à bout de souffle rapidement. L’endurance fait donc une grosse différence », explique M. Léger, ajoutant qu’avec une soixantaine de livres en armure et en protections, l’effort demandé est encore plus important.

Cloée Germain estime passer entre 10 et 12 heures par semaine à s’entraîner, mais elle souhaiterait avoir davantage de temps.

« Il faut avoir un bon cardio, j’aimerais encore l’améliorer. Mais il faut perfectionner les mouvements, les feintes. Je prends aussi du temps pour regarder des vidéos de mes adversaires, afin d’avoir une idée de ce qui m’attend », précise-t-elle.


Les gens qui pratiquent les combats médiévaux peuvent investir plusieurs milliers de dollars pour leur armure et leur casque de chevalier, qui doivent respecter le contexte historique. La plupart des pièces sont livrées d’Europe, où ils ont des forgerons spécialisés. Sur la photo, on voit Cloée Germain en uniforme complet, tenant en main une hallebarde, son arme de prédilection. 
Photos Agence QMI, Toma Iczkovits
Les gens qui pratiquent les combats médiévaux peuvent investir plusieurs milliers de dollars pour leur armure et leur casque de chevalier, qui doivent respecter le contexte historique. La plupart des pièces sont livrées d’Europe, où ils ont des forgerons spécialisés. Sur la photo, on voit Cloée Germain en uniforme complet, tenant en main une hallebarde, son arme de prédilection. 

Casque

De style mongol du 14e siècle, il est conçu pour bien protéger les yeux.

Gantelets d’acier

Les mains étant très vulnérables, ils sont parmi les pièces les plus importantes.

Hallebarde

Une sorte de hache, l’arme de prédilection de Cloée Germain.

Armure

Faite de titane, elle est assez légère et permet une bonne liberté de mouvement.

Combats violents et armures fidèles à l’histoire

Si les lames utilisées dans les combats médiévaux ne sont pas affûtées pour éviter les risques de blessures, la violence des coups assénés est surprenante.

« Tu peux avoir des méchants bons bleus, certains coups vont te faire perdre le souffle, mais ce n’est pas pire que d’autres sports », estime Cloée Germain, championne du monde en hallebarde en 2016 et 2017.

Les armures protectrices y sont pour quelque chose, alors qu’elles doivent répondre à une série de critères, en plus d’être fidèles à l’histoire. Des règlements stricts régissent aussi la discipline, qui n’est pas un sport officiellement reconnu au Québec.

Trois styles de duels

Dans les duels à un contre un, il y a trois types de combats.

Dans le premier, le chevalier n’aura qu’une épée, dite « longue », à sa disposition. Il existe également une version où il est équipé d’une épée et d’un bouclier pour se protéger. Le dernier type de duel se pratique avec une sorte de hache appelée hallebarde.

« Le but est de marquer des points contre son adversaire, et il y a plusieurs façons d’y arriver », précise Benoît Léger.

Chaque coup porté à son opposant avec le côté « tranchant » de la lame compte pour un point. Un désarmement et une chute permettent aussi de marquer.