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Des dizaines de maisons seront démolies à Sainte-Marthe

L’eau contaminée a causé des dommages trop importants pour sauver plusieurs résidences

Muguette Corriveau et sa voisine Marie-Marthe Bélanger s’attendent à devoir démolir leurs maisons modulaires.
Photo Amélie St-Yves Muguette Corriveau et sa voisine Marie-Marthe Bélanger s’attendent à devoir démolir leurs maisons modulaires.

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SAINTE-MARTHE-SUR-LE-LAC | Des dizaines de maisons modulaires de Sainte-Marthe-sur-le-Lac ont été tellement endommagées par l’eau contaminée que leurs propriétaires, principalement des retraités, s’attendent à tout devoir démolir.

Les inspecteurs de la sécurité publique n’ont pas encore fait le tour des maisons modulaires de la petite localité des Laurentides pour déclarer les pertes totales, mais les résidents du fond de la 27e Avenue ne se racontaient pas d’histoires lundi.

Pour plusieurs d’entre eux, leur maison a baigné pendant deux semaines dans l’eau contaminée, à un niveau supérieur au plancher. Une cinquantaine de résidences pourraient ainsi trouver le pic des démolisseurs, selon les citoyens.

« Il n’y a plus rien de bon là-dedans », constate Muguette Corriveau, 71 ans, dont la maison modulaire valait autour de 130 000 $ avant la crue printanière.

La digue qui a cédé le 27 avril à Sainte-Marthe-sur-le-Lac a provoqué une inondation monstre, qui a forcé l’évacuation de 2500 propriétés et de 6000 personnes. La Ville a terminé de pomper l’eau de la « zone des sacrifiés » la semaine dernière.

« On a sauvé la télévision, un peu de linge et de la vaisselle, c’est tout », conte Mme Corriveau.

Une retraite rêvée

Elle avait quitté Rouyn-Noranda en Abitibi il y a moins de deux ans pour s’établir à Sainte-Marthe-sur-le-Lac avec son conjoint, un travailleur des mines, afin d’y vivre une retraite paisible. Ils venaient de finir de rénover ce qu’ils considéraient comme leur dernière demeure.

Les résidents doivent porter masques et gants distribués par la municipalité pour entrer dans leurs résidences, desquelles se dégagent souvent des odeurs infectes.

Les déchets continuent de s’accumuler près de l’endroit où la digue a cédé.
Photo Amélie St-Yves
Les déchets continuent de s’accumuler près de l’endroit où la digue a cédé.

Les murs seraient à refaire, comme l’isolation, les armoires, l’électricité... ça ne sert à rien rendu là, selon eux.

La mairesse Sonia Paulus ne cache pas que la démolition sera parfois inévitable, surtout dans les cas où l’eau a atteint le plancher. Plusieurs devront se rabattre sur les dédommagements de la Sécurité publique, car les assurances ne couvrent pas ce type de dommage.

La voisine de Mme Corriveau, Marie-Marthe Bélanger, s’attend aussi au pire.

« J’étais vraiment bien. Là, tu t’en vas dans un loyer et tu ne sais pas qui va être à côté de toi. Rendu à notre âge, ça nous tente moins, disons. Mais on n’a pas le choix », explique la femme de 68 ans.

Plan chamboulé

Johanne Forget, une autre résidente du secteur, venait aussi de prendre sa retraite avant les Fêtes et d’investir 40 000 $ en rénovations sur sa maison avec son conjoint Raymond Boucher. Il ne restait qu’une dernière porte à poser quand la digue a cédé.

Johanne Forget porte un masque pour entrer dans sa résidence, où il ne restait qu’une porte à installer pour terminer les rénovations avant les inondations.
Photo Amélie St-YVes
Johanne Forget porte un masque pour entrer dans sa résidence, où il ne restait qu’une porte à installer pour terminer les rénovations avant les inondations.

« Disons que notre plan de retraite vient d’être chamboulé. On avait prévu que dans deux ans et demi, tout serait payé, que les rénos seraient faites et qu’il ne resterait qu’à profiter de la vie », dit M. Boucher.