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Universiades: «Je vais jouer pour Helder»

Des joueuses du Rouge et Or auront une pensée pour leur entraîneur lors des Universiades

Universiades
Photo courtoisie Jessica Bunker, la physiothérapeute Charlotte Vallières-Villeneuve, Joanie L’Abbé et Myriam Labrecque prendront part aux Universiades. Parce que le coût de participation de chacune est de 6300 $, elles ont lancé une campagne de financement sur la plate-forme Go Fund Me.

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Deux joueuses du programme de soccer féminin du Rouge et Or de l’Université Laval et une ancienne ont été retenues au terme de deux camps de sélection afin de participer aux Universiades qui auront lieu du 3 au 14 juillet à Naples en Italie.

Les heureuses élues sont l’attaquante Jessica Bunker, la gardienne Myriam Labrecque et la défenseure Joanie L’Abbé qui en sera à sa deuxième participation après le rendez-vous de Taïwan en 2017 où le Canada avait terminé en 8e position, s’inclinant 1-0 en quart de finale sur un penalty devant les Brésiliennes qui allaient éventuellement remporter l’or.

Bunker aura une pensée très spéciale pour Helder Duarte à Naples. « Je vais jouer pour Helder, a-t-elle confié au sujet de son ancien entraîneur décédé subitement le 21 février dernier d’une crise cardiaque. Je n’ai pas arrêté de penser à lui lors du dernier camp de sélection à Toronto. »

C’est grâce à Helder si j’ai été invitée au camp de sélection, poursuit Bunker. Il aurait été fier de ma sélection. La journée avant son décès, il avait poussé pour ma sélection. Je l’avais remercié et lui avais dit merci pour tout ce qu’il avait fait pour moi. Je suis vraiment contente d’avoir pu le remercier. On aurait dit un film. Le jour de son décès, j’ai reçu mon invitation. »

« À mon arrivée à Laval, je ne sais pas pourquoi il m’avait choisie parce que je n’avais pas d’expérience, ajoute l’étudiante en architecture. Il m’avait dit que j’aurais un impact plus tard et je n’y croyais pas vraiment. C’est aussi grâce à Helder que j’ai évolué à Toulouse en 2017 dans le cadre d’un programme d’échange. Cet été, il devait venir à Madrid pour l’Euro universitaire alors que notre équipe de Toulouse va représenter la France. »

Horaire bien rempli

Malgré un horaire très occupé pendant qu’elle fait son externat, L’Abbé trouve le moyen de jongler avec ses horaires. « Je suis épuisée, mais je suis tellement motivée que je trouve du temps, a indiqué la future médecin. C’est la dernière fois que j’aurai l’occasion de représenter le Canada sur la scène internationale. J’ai vécu de loin la plus belle expérience de ma carrière en 2017 à Taïwan. La seule chose que je pense est de revenir avec une médaille. »

Même si elle a épuisé ses cinq années d’éligibilité universitaire, L’Abbé peut participer au deuxième plus gros rendez-vous planétaire multisports parce qu’elle étudie toujours à Laval. « J’ai été surprise que l’entraîneur me contacte et il m’a dit de rester en forme. Je me suis entraînée encore plus fort et j’étais prête pour les camps. Je ne tenais toutefois rien pour acquis parce que la relève est vraiment forte. J’avais bien agi en 2017 en jouant toutes les minutes et c’est le même personnel d’entraîneurs qui est de retour. Ils me connaissaient. »

Autres québécoises

Du Québec, on retrouvera aussi Mégane Sauvé et Marie-Eve Bernard-O’Breham, des Carabins de l’Université de Montréal, ainsi que Nathalie Brunelle et Sara Dubois, des Marlets de McGill.

Tout comme en 2017 à Taïwan, l’entraîneur-chef des Martlets Jose-Luis Valdes agira comme adjoint. La meilleure performance des Canadiennes est une 4e place en 2015.

Un scénario totalement imprévu

Myriam Labrecque vit un véritable conte de fées.

Les Universiades n’étaient pas dans les plans de Labrecque. À l’écart du jeu cette saison pour se concentrer sur ses études afin d’augmenter sa moyenne dans le but d’être admise en médecine, la gardienne du Rouge et Or a effectué un retour totalement imprévu en fin de saison quand Marie-Joëlle Vandal est tombée au combat en raison d’une commotion cérébrale.

« Parce que le concept d’équipe est ce qu’il y a de plus important et que j’avais continué de m’entraîner même si je ne jouais pas, je n’ai pas hésité quand Helder [Duarte] et l’entraîneur des gardiens Nabil [Haned] m’ont parlé de revenir au jeu pour remplacer Marie-Joëlle qui était blessée, même si je risquais de perdre une année d’admissibilité pour seulement une partie si on ne gagnait pas la finale provinciale, a-t-elle raconté. On a gagné le provincial et j’ai accordé un seul but en trois parties au championnat canadien. Mes performances m’ont valu une invitation au camp de sélection des Universiades où j’ai suffisamment bien joué pour être retenue parmi les deux gardiennes qui seront du voyage en Italie. Le camp de préparation à Porto déterminera qui sera la gardienne numéro un. »

Le Rouge et Or a remporté la finale provinciale face aux Carabins de l’Université de Montréal et s’est ainsi qualifié pour le national à Ottawa où il a pris le 5e rang après avoir subi un revers de 1-0 en lever de rideau de la compétition.

Décision payante

Labrecque flotte sur un nuage. « J’ai obtenu le meilleur des deux mondes. Ce fut une décision difficile de ne pas jouer cette année au soccer, mais je voulais me donner toutes les chances possibles d’être acceptée en médecine et j’ai pratiquement terminé mon bac en communication publique. Ma décision a été payante. 2019 est mon année : je suis contente que tous mes efforts tant sur le plan sportif qu’universitaire portent leurs fruits. »