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Legault s’en fout

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Depuis les élections, François Legault ne cesse de répéter qu’il a entendu le message des Québécois et de beaucoup de ses électeurs. Il admet que la question des changements climatiques est importante et promet un plan pour les combattre.

Plusieurs observateurs, dont moi, sont donc restés surpris, face au dernier budget du Québec, en constatant qu’il faisait croître et non pas diminuer le déficit d’investissements en transport collectif par rapport au développement routier.

Foutaise

Le personnel politique de la CAQ a répliqué avec une montagne de chiffres pour nous montrer que le transport en commun, on s’en occupe ! Des projets de mobilité durable, il en manque, semble-t-il. Ce serait ça la vraie raison.

Sauf que j’ai reçu une tonne de courrier de partisans de la CAQ qui m’ont dit que François Legault avait bien raison et que le réchauffement climatique, c’était de la foutaise.

Homme de bonne foi, j’attendais depuis d’être éclairé sur le vrai point de vue de mon premier ministre.

Le vingtième siècle

Le jeudi 9 mai dernier, j’ai eu ma réponse, de la bouche même de François Legault, au sujet du réseau de transport structurant à Québec : « Écoutez, actuellement, on n’est pas pour démarrer un projet qui n’est pas totalement financé, ça serait irresponsable ».

Je veux bien accepter ce raisonnement. L’argent ne pousse pas dans les arbres. Sauf que je voudrais aussi qu’on m’explique pourquoi, pour le projet d’un troisième lien routier entre Québec et Lévis, qui coûtera plus du double et dont toute la science démontre qu’il sera inutile et nocif pour l’environnement, il n’y aura jamais assez de fric.

Bref, notre premier ministre est un homme de son siècle, le vingtième. Le transport en commun sera toujours une dépense, tandis que les routes resteront un besoin essentiel.

Ce sont donc les partisans de François Legault qui disent vrai. Les changements climatiques, il s’en fout.