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Un conseiller a photocopié les signatures de ses collègues

Le maire de la ville de la Montérégie accuse l’opposition sur fond de vives tensions

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La tension est à son comble à la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu alors que le maire accuse un conseiller d’avoir falsifié un document pour forcer la tenue d’un conseil municipal.

Selon le maire Alain Laplante, le conseiller d’opposition Yvan Berthelot a agi illégalement en photocopiant les signatures de ses collègues dans une demande pour exiger la tenue d’une assemblée extraordinaire, il y a deux semaines.

« C’est la fin qui justifie les moyens. Le conseiller Berthelot est très méprisant à l’égard du pouvoir du maire. [...] Encore là, il fait complètement fi des règles et des lois. Il ne prend même pas la peine de faire signer le monde », a-t-il commenté.

Selon la Loi sur les cités et villes, les membres du conseil peuvent ordonner la convocation d’une séance « en faisant une demande par écrit, sous leurs signatures, au greffier de la municipalité ».

La possible construction d’un parc industriel est au cœur du litige. Le maire est contre le projet qui a débuté avant son arrivée au pouvoir.

Récemment, le Tribunal administratif du Québec a rendu une décision défavorable au projet. L’opposition au conseil municipal souhaitait faire appel de cette décision avant la date butoir du 4 mai.

C’est autour de la date de la réunion prévue pour discuter de ce dossier que la discorde a éclaté et que le maire aurait reçu la demande de séance falsifiée (voir ci-dessous).

« Erreur de bonne foi »

Joint au téléphone, M. Berthelot n’a pas nié avoir copié les signatures de ses collègues. Mais il a juré avoir agi ainsi par « distraction » et avoir eu leur accord pour déposer la demande.

« C’est une erreur de bonne foi. Ce n’est pas la fin du monde. [...] La volonté des membres du conseil d’avoir une assemblée a préséance sur le document déposé », nous a-t-il dit.

Ce n’est là qu’un autre jalon dans l’escalade des tensions à Saint-Jean-sur-Richelieu depuis l’élection du maire Laplante en 2017.

Son parti ne détient que 4 des 13 sièges à l’hôtel de ville et est en constante opposition avec le reste du conseil.

L’an dernier, le conseil a enlevé tous les pouvoirs à l’exécutif, dans un climat de discorde autour d’un mandat donné par le maire pour étudier les dépenses juridiques effectuées sous l’ancienne administration.

Congédiement

Le chef de cabinet du maire Guy Grenier a ainsi été renvoyé par le conseil municipal.

C’est d’ailleurs parce qu’il aurait agi « de façon à favoriser d’une manière abusive » M. Grenier que le maire Laplante a été blâmé récemment par la Commission municipale du Québec (CMQ). Il aurait commis plusieurs manquements au code d’éthique de la ville, selon la CMQ.

Cette dernière est intervenue l’an dernier dans une série de rencontres avec des acteurs de l’hôtel de ville dans le but d’apaiser les tensions.


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Des signatures identiques

26 avril

Photo courtoisie

Le maire Alain Laplante reçoit une demande signée par six conseillers d’opposition réclamant la tenue d’une séance extraordinaire du conseil municipal le 30 avril. 

Il accepte de convoquer une séance, mais la fixe au 2 mai en raison d’un conflit d’horaire.

29 avril

Photo courtoisie

Mécontent de ne pas avoir obtenu la date souhaitée, le conseiller Yvan Berthelot achemine une demande au greffier pour lui demander de convoquer tout de même la séance le 30 avril.

La lettre est signée par les six mêmes conseillers que la première demande. C’est après avoir vu cette deuxième convocation que le maire écrit au greffier pour lui signaler que les signatures sont identiques.