/finance
Navigation

Legault prêt à vendre de l’électricité à petit prix

Legault prêt à vendre de l’électricité à petit prix
Photo Charles Lecavalier

Coup d'oeil sur cet article

NEW YORK — François Legault est prêt à vendre de l’électricité à petit prix à l’État de New York alors que les réservoirs d’Hydro-Québec débordent et que la société d’État perd des millions de dollars en revenus potentiels.

« Hydro-Québec a déjà commencé à jeter de l’électricité. Actuellement, tout prix qui est au-dessus de zéro est avantageux pour Hydro-Québec », a lancé le premier ministre mardi en marge d’un point de presse où il annonçait la création d’une trentaine d’emplois dans le domaine de l’intelligence artificielle à Montréal.

« Il y a plusieurs façons de structurer une transaction. On peut penser qu’à court terme le prix sera plus bas, à long terme plus élevé », a ajouté M. Legault. Il a passé trois jours à New York pour promouvoir l’exportation d’électricité québécoise, veut s’assurer d’avoir une entente rapide.

Hydro-Québec est en situation de surplus depuis de nombreuses années. Mais en raison de niveaux d’eau record dans les réservoirs de ses barrages du nord du Québec, la société d’État doit maintenant procéder à d’importants déversements. Les pertes de revenus potentiels devraient s’élever à plusieurs centaines de millions $, a révélé le Journal au début du mois.

Ce sont ces déversements qui animent le sentiment d’urgence de M. Legault. « Je vais m’assurer avec Éric Martel d’Hydro-Québec d’arriver à une conclusion rapidement, car le Québec perd des centaines de millions de dollars de valeur par année qui pourrait être vendue et utilisée par la Ville de New York », a-t-il lancé. Il demande maintenant au PDG d’Hydro-Québec, qui ne l’accompagnait pas, d’aller à New York dans les prochains jours.

Bras de fer avec Blackstone

En journée, François Legault a entamé un bras de fer avec le fonds d’investissement Blackstone, l’un des plus importants au monde. L’entreprise est propriétaire de TDI, qui doit construire un câble électrique sous-marin entre Québec et la ville de New York.

François Legault a laissé entendre que le Québec pourrait financer sa propre ligne si la compagnie n’est « pas raisonnable ». M. Legault dit avoir obtenu qu’Hydro-Québec soit à la table de négociation, alors que Blackstone occupait toute la glace.

« Les choses sont maintenant très claires. On sait que H-Q a des surplus. On sait que la Ville de New York veut acheter de l’hydroélectricité. Entre les deux, il y a le constructeur TDI Blackstone qui est prêt à construire la ligne de transmission », a-t-il affirmé.

« J’ai été clair avec Blackstone. On peut trouver quelqu’un d’autre pour financer. Ils nous ont dit “non non, on est raisonnable”. Dans les dernières années, New York négociait avec eux. On veut qu’Hydro-Québec soit incluse dans les discussions pour savoir qui n’est pas raisonnable, si c’est le cas ».

Il a également affirmé que Blackstone a fait preuve de bonne foi en communiquant à Hydro-Québec les coûts liés à la construction de la ligne de transmission, pour établir précisément le prix du transport de l’énergie.

Une entente entre Québec et New York pourrait se transformer en revenu potentiel de 10 milliards sur 20 ans pour Hydro-Québec. Dans un contrat d’ampleur équivalente avec le Massachusetts, la société d’État vend son énergie au tarif indexé de 4,8 cents US$ le kWh et le coût de transport est de 1,1 cent US.