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Enquête sur LafargeHolcim: provision de 47 millions $ CAN pour faire face à la justice

Enquête sur LafargeHolcim: provision de 47 millions $ CAN pour faire face à la justice
AFP

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PARIS | Le géant mondial du ciment LafargeHolcim a prévu une provision d’environ 46,6 millions $ (35 millions de francs suisses $) pour sa cause devant la justice française relativement à ses activités en Syrie.

Le cimentier est soupçonné d'avoir versé entre 2011 et 2015, via une filiale, des millions d'euros auprès d'intermédiaires et de groupes armés, dont l'organisation État islamique, pour maintenir la production dans son usine de Jalabiya, en Syrie. Ce pays était alors déchiré par une guerre civile.

L’entreprise a déjà reconnu que des mesures «inacceptables» avaient été prises.

Dans son rapport annuel 2018, l’entreprise parle d’une provision de 46,6 millions $ (35 millions de francs suisses), précisant que «rien n'indique que l’enquête judiciaire est susceptible d’avoir d’autres impacts financiers négatifs».

Le dossier suit d’ailleurs toujours son cours.

L’entreprise dit avoir dû déposer une caution de 45 millions $ (30 millions d’euros), à la demande des juges d’instruction.

Huit anciens cadres ou dirigeants de l’entreprise française Lafarge, dont l'ex-PDG Bruno Lafont, ont été mis en examen pour «financement d'une entreprise terroriste» et/ou «mise en danger de la vie» de salariés. L’un d’eux, Eric Olsen, n’est plus accusé pour le premier chef, mais reste inculpé de «mise en danger de la vie d'autrui».

De son côté, le cimentier s’est tourné en décembre dernier vers la cour d'appel de Paris pour faire une requête en nullité, contestant sa mise en examen.

Lafarge et la compagnie suisse Holcim ont fusionné en juillet 2015 pour donner naissance au géant LafargeHolcim avec un chiffre d’affaires d’environ 40 milliards $.

Rappelons que le Québécois Paul Desmarais Jr., co-PDG de Power Corporation, siège au conseil d’administration de Lafarge depuis 2008. Le holding GBL, contrôlé par les familles Desmarais et Frère, était de plus le premier actionnaire de Lafarge (avec 20 % du capital) au moment des faits reprochés.

D'ailleurs, les bureaux de GBL en Belgique ont été perquisitionnés à la fin 2017. Le Québécois Paul Desmarais Jr. y a été interrogé par la police belge et son téléphone a été mis sur écoute, tout comme d’autres administrateurs de GBL.

M. Desmarais ne fait l’objet d’aucune accusation dans ce dossier.