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Malgré les centaines de millions investis: le quart des rues à Montréal sont lamentables

L’état des artères s’est un peu amélioré depuis 2015, mais il reste encore beaucoup de travail à faire

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La Ville de Montréal peine à réparer ses rues très endommagées. Malgré les centaines de millions de dollars investis ces dernières années, près du quart des rues principales sont encore en très mauvais état.  

Notre Bureau d’enquête a analysé les résultats de la plus récente étude de l’état de toutes les artères (à ne pas confondre avec les rues locales qui sont plus petites) de la métropole.  

L’exercice, réalisé l’été dernier, représente le premier bilan de santé des rues de Montréal depuis ceux réalisés en 2015 et 2010.  

Il y a neuf ans, 15 % du kilométrage des rues artérielles de Montréal étaient jugés en « très mauvais » état. Ce chiffre a bondi au-delà de 26 % en 2015, et vient de fléchir légèrement à 22 % l’an dernier.  

Cette baisse s’explique par le fait que 146 km de rues sont passés de la cote « très mauvais » à « excellent » en trois ans, après des travaux.  

Par contre, 202 km d’artères en « très mauvais » état n’ont pas fait l’objet de réfections et sont donc demeurés dans la pire catégorie.  

Encore des chantiers  

«Il y a encore des rues en mauvais état, on en est conscients. Il y en a beaucoup qui ont besoin d’une reconstruction, et ça peut prendre longtemps avant de monter un projet», soutient le responsable des infrastructures dans l’administration Plante, Sylvain Ouellet.  

Certains tronçons peuvent attendre longtemps avant d’être refaits. Pas moins de 58 km de rues, qui étaient considérés en très mauvais état en 2010, sont toujours classés dans la même catégorie.  

Les millions de dollars investis n’auront pas servi à rien, plaide l’administration, puisque le nombre de rues jugées en excellente condition a beaucoup augmenté.  

Rattrapage  

«On est en rattrapage big time. On n’est pas juste en maintien, assure M. Ouellet. Si on maintient ce rythme d’investissement, on va pouvoir stabiliser. Mais on n’est vraiment pas encore rendu à l’équilibre.»  

N’en déplaise aux automobilistes pris dans les bouchons, il y aura donc encore beaucoup de chantiers. D’autant plus qu’un tronçon peut se dégrader rapidement.

Environ 2,5 km de rues jugés excellents ou bons par l’examen automatisé en 2015 sont maintenant en très mauvais état.  

Par exemple, la rue Hogan près de Marie-Anne dans l’arrondissement Le Plateau Mont-Royal est passée d’une note quasi parfaite de 86 % au score pitoyable de 16 % en trois ans.  

Un tout petit bout de la rue Drummond, dans le centre-ville, est passé d’une note quasi parfaite de 99 à 21 % sur la même période.  

Pavage palliatif  

«C’est possible que ça se dégrade vite dans certains cas, admet M. Ouellet. Si la fondation de la rue est finie, mais qu’on doit refaire les égouts d’ici cinq ans, ça ne sert à rien de reconstruire la chaussée au complet. On fait alors du pavage palliatif.»  

Il mentionne aussi des rues avec du « camionnage intensif, par exemple dans le coin du port » comme étant des endroits qui se dégradent prématurément.  

♦ Votre rue est dans un état lamentable depuis trop longtemps ? Contactez-moi à dominique.cambron-goulet  

État des artères à Montréal  

2010    

  •  Excellent 15,8 %   
  •  Bon 17,6 %   
  •  Moyen 27,9 %   
  •  Mauvais 23,3 %   
  •  Très mauvais 15,4 %   

 2015  

  •  Excellent 9,1 %   
  •  Bon 12,4 % 
  •  Moyen 24 %   
  •  Mauvais 27,7 %   
  •  Très mauvais 26,6 % 

 2018    

  •  Excellent 28,6 %   
  •  Bon 12,2 %   
  •  Moyen 19,6 %   
  •  Mauvais 17,2 %   
  •  Très mauvais 22,5 %     

Comment l’étude a-t-elle été réalisée ?  

♦ L’examen est fait à l’aide d’équipements installés sur un véhicule qui se déplace.  

♦ Chaque tronçon de rue obtient une note sur 100, appelée le Pavement Condition Index, qui est un standard international.   

♦ La note est attribuée en tenant compte du nombre de fissures, de nids-de-poule et de bosses sur la route. La douceur de la conduite automobile est aussi prise en compte.