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L’énorme défi des Alouettes

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Il faisait bon d’être au stade Percival-Molson hier après-midi. Une odeur d’été flottait dans l’air. L’endroit était ouvert au public, mais les spectateurs étaient peu nombreux pour la première journée du camp d’entraînement des Alouettes. 

D’une part, les gens avaient bien d’autres choses à faire en ce jour férié. Comme planter des fleurs par exemple. Mais l’image des gradins pour ainsi dire vides était représentative de la situation des Alouettes. 

Côté sportif, l’équipe suscite peu d’espoir à l’approche de la nouvelle saison. Les quatre dernières années ont été misérables sur le terrain. 

4000 abonnements 

Les effets se sont fait sentir à la billetterie. L’organisation aura fort à faire pour se rebâtir une clientèle. Le nombre d’abonnements de saison ne se chiffrerait plus qu’à 4000 dans un stade dont la capacité sera réduite cette année. 

Le retour des partisans perdus se fera avec des victoires. Les Alouettes, comme l’Impact, ne sont pas le Canadien. Le Tricolore a beau avoir raté les séries deux fois au cours des trois dernières années, les amateurs connaissent encore le chemin vers le Centre Bell. 

Le vétéran Luc Brodeur-Jourdain, l’ambassadeur des Alouettes sans en avoir le titre, commente la situation. 

«Le Québécois en moi souhaite de meilleurs résultats», dit-il. 

«On a atteint un creux en 2017 en ne remportant que trois victoires. On a connu une autre année difficile l’an dernier. On n’a gagné que cinq matchs, mais notre fin de saison fut plus encourageante.» 

Tout est à refaire 

Les Alouettes ont un autre gros problème à régler. Ils ont besoin de nouveaux propriétaires. Plusieurs noms d’acheteurs potentiels ont été mentionnés ces derniers mois, le dernier en liste étant Vincent Guzzo, propriétaire de la chaîne de salles de cinéma portant son nom. 

Mais l’équipe est toujours la propriété de la famille Wetenhall. Les gens qui se sont avancés ont beau aimer le football et vouloir faire quelque chose pour la communauté montréalaise, ils ne sont pas intéressés à perdre de l’argent. 

Voilà où en sont les Alouettes pour le moment. 

En homme posé et réfléchi qu’il est, Brodeur-Jourdain fait la part des choses. 

«On a encore une bonne base de partisans qui est de cœur avec nous», croit-il. 

«Mais je comprends aussi qu’en étant dans l’industrie du divertissement, les amateurs ne sont pas intéressés à venir nous voir si le spectacle n’est pas intéressant. 

«Il en va ainsi dans le monde du sport, peu importe la discipline et la ville dont on parle.» 

Les insuccès des dernières années des Alouettes montrent à quel point leur popularité est volatile. Ils étaient le rendez-vous de l’été à leurs belles années. On passait de belles soirées au stade Molson. 

Étape par étape 

Brodeur-Jourdain, qui en est à son 12e camp, faisait partie de l’équipe lorsqu’elle a remporté la coupe Grey en 2009 et 2010. 

«C’est à nous de nous dynamiser et de nous rapprocher du public», dit-il. 

« l faut procéder par étape. Pensons à notre nouveau logo. Mes allégeances vont à l’ancien que j’ai porté toute ma carrière. 

«Les logos les plus reconnaissables sont les plus simples. Un enfant est capable d’en dessiner un. Les Yankees de New York sont distinguables par les lettres N et Y sur leur uniforme et leur casque. On reconnaît les Red Sox de Boston par le B sur leur casquette. 

«Mais je suis capable de reconnaître que l’on a fait quelque chose de bien avec notre nouveau logo.» 

Foi en l’avenir 

Que pense Brodeur-Jourdain d’un éventuel changement de propriétaire? 

«Tout ce que je peux dire, c’est qu’on aura besoin de financement au cours des prochaines années», affirme-t-il. 

Craint-il pour la survie de l’équipe? 

«Je ne pense pas qu’elle soit appelée à disparaître», répond-il. 

«Comme toutes équipes sportives professionnelles, on doit générer des revenus. Ce serait dommage si on cessait nos activités, mais je ne crois pas que ce soit l’ambition des propriétaires actuels et de la ligue. 

«Montréal est un marché important qui peut être encore développé.»