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Libéraux et péquistes pressent la CAQ de reconduire RénoVert

La fin du crédit est « une erreur », selon le PLQ et le PQ

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 La fin à grands frais du crédit d’impôt RénoVert s’ajoute à la liste des reculs de la CAQ, déplorent libéraux et péquistes, qui pressent le gouvernement Legault de reconduire immédiatement cette mesure fiscale pourtant si populaire. 

 Tel que rapporté dans les pages du Journal lundi, l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) estime que la disparition de ce programme pourrait se solder, en 2019-2020, par une perte d’environ 300 M$ en retombées économiques. 

 D’un budget à l’autre, le précédent gouvernement avait toujours reconduit le crédit RénoVert. Le ministre des Finances, Éric Girard, en a décidé autrement en mars dernier. 

 Les propriétaires d’une résidence avaient donc jusqu’au 31 mars dernier pour conclure une entente afin de profiter d’un crédit d’impôt correspondant à 20% des projets de rénovation admissibles, comme le remplacement de portes et fenêtres ou des travaux d’isolation, de climatisation et de chauffage. 

 Rénoclimat: trop complexe 

 Relancée à ce sujet par le Parti québécois lors de l’étude des crédits budgétaires, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a expliqué le mois dernier que c’est après avoir constaté que les travaux admissibles étaient «sensiblement les mêmes» que ceux couverts par Rénoclimat que son gouvernement a fait un choix. 

 «On a statué que c’était sensiblement la même chose», a dit Mme Laforest. 

 L’ex-ministre des Finances, Carlos Leitao, n’est pas du même avis. S’il avait eu à choisir entre les deux programmes, il aurait préféré bonifier RénoVert, quitte «à fortement revoir» Rénoclimat. Il juge ce dernier plus «complexe», en raison de l'évaluation écoénergétique qu'un inspecteur doit obligatoirement réaliser, avant et après les travaux, pour que l'aide financière soit accordée. 

 Un autre recul 

 À l’instar du député péquiste Harold Lebel, M. Leitao constate que la CAQ a effectué un autre recul sur RénoVert. 

 Le député libéral de Robert-Baldwin se souvient d’ailleurs très bien d’avoir été talonné de près par la CAQ, lorsqu’elle formait la deuxième opposition, pour assurer la prolongation de RénoVert. 

 «C’était un crédit d’impôt qui était très performant, reconnaît M. Leitao. [...] Pas seulement en termes de retombées économiques, [mais] pour contrer le travail au noir [...] et du point de vue environnemental.» 

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 «C’est clair que c’est un programme qui fonctionnait, qui était connu, appliqué. Tout le monde était gagnant: le gouvernement, les propriétaires d’entreprise, les citoyens», a indiqué de son côté M. Lebel, qui déplore l’impact économique qui sera ressenti plus particulièrement dans les régions. 

 Sans délai 

 MM. Lebel et Leitao s’entendent pour dire que la CAQ doit reconnaître son «erreur» et rétablir cette mesure fiscale sans délai. «Un crédit d’impôt comme ça, ça peut être annoncé à n’importe quel moment», selon M. Leitao, qui invite M. Girard à agir immédiatement. 

 «On n’écarte pas de ramener ce programme un jour», a-t-on indiqué du côté du cabinet du ministre des Finances, en soulignant toutefois que le secteur de la rénovation résidentielle «se porte plutôt bien en ce moment». 

 Ce qu’ils ont dit 

 

Photo Agence QMI, Simon Clark

  

« C’est quand même les citoyens qui paient les programmes. On a conclu que Rénoclimat, RénoVert, c’est sensiblement les mêmes programmes. » 

  

 — Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l’Habitation (lors de l’étude des crédits budgétaires) 

  

 

Photo Agence QMI, Simon Clark

  

« C’est clair que (RénoVert), c’est un programme qui fonctionnait, qui était connu, appliqué. Tout le monde était gagnant : le gouvernement, les propriétaires d’entreprises, les commerçants, la population. [...] Je ne comprends vraiment pas pourquoi un programme comme ça est passé à la trappe. » 

  

 — Harold Lebel, porte-parole de l’opposition péquiste en matière d’habitation 

  

 

Photo Agence QMI, Simon Clark

  

« C’était un crédit d’impôt qui était très performant. [...] Pas seulement en termes de retombées économiques (mais) pour contrer le travail au noir [...] et du point de vue environnemental. » 

  

 — Carlos Leitao, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances

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