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Pas d’arrêt pour un présumé agresseur

L’ex-conseiller politique aurait sévi sur trois garçons

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Un ex-conseiller politique accusé d’agressions sexuelles sur trois jeunes garçons a échoué dans sa tentative d’obtenir l’arrêt des procédures en raison des trop longs délais, puisque c’est lui-même qui les a causés.

« Il cherche aujourd’hui à tirer avantage du délai », a déploré le juge Claude Leblond en rejetant net la demande de Martin Lapointe, mardi au palais de justice de Montréal.

Lapointe, 47 ans, est un ancien conseiller politique qui a déjà travaillé pour l’ancienne ministre Lise Thériault ainsi que pour l’ex-ministre David Heurtel. Il a également été animateur scout pendant de longues années.

C’est dans ce cadre qu’il aurait commis des gestes de nature sexuelle sur les trois victimes, entre 1999 et 2009.

Selon la preuve de la Couronne, Lapointe aurait ciblé un jeune de 12 ans, qu’il aurait payé pour recevoir des faveurs sexuelles.

« Il lui a même fourni du Cialis [un médicament pour les troubles érectiles] », peut-on lire dans un document de cour déposé dans le dossier de Lapointe.

L’animateur scout déchu aurait aussi demandé à deux jeunes d’avoir des rapports sexuels entre eux, pendant qu’il regardait.

Lapointe a finalement été arrêté en février 2017. Puis, à la suite de la médiatisation de l’affaire, une autre victime alléguée s’est manifestée, si bien que d’autres accusations ont été déposées trois mois plus tard.

Aucune raison valable

Le début du procès de Lapointe est prévu pour la semaine prochaine, soit un peu plus de deux ans après l’arrestation.

Or, a rappelé son avocat Kaven Morasse, l’arrêt Jordan de la Cour suprême impose un temps d’attente maximal pour qu’un accusé subisse son procès. Dans son cas, sauf exception et en excluant les délais causés par la défense, le délai ne peut pas dépasser 18 mois.

Sauf que sur les 27 mois d’attente, une année complète est attribuable à Lapointe, qui devait choisir le type de procès qu’il désirait avoir.

« Sans l’option enregistrée, il était impossible pour le tribunal de fixer une date de procès, a conclu le magistrat. Il n’y a aucune raison valable de ne pas procéder. »