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Les ventes de cannabis sont en hausse à la SQDC

Après sept mois d’activité, la Société tente de briser l’image des boutiques aux tablettes vides

Pot Légalisation
Photo d'archives, Camille Garnier L’intérieur de la boutique de Mirabel, le 17 octobre 2018, jour d’ouverture.

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La hausse des prix de la Société québécoise du cannabis (SQDC) n’a pas ralenti ses ventes, bien au contraire. La Société a connu son meilleur mois en avril en matière de quantité de cannabis vendu, soutient son PDG en entrevue-bilan avec Le Journal.

 

  • ÉCOUTEZ l’entrevue du PDG de la SQDC, Jean-François Bergeron, à Dutrizac de 6 à 9 sur QUB radio:

 

Des ventes en flèche

Le PDG de la SQDC, Jean-François Bergeron, demande de laisser du temps à l’industrie du cannabis pour prendre sa place. « Il faut le faire avec humilité, car on a beaucoup à apprendre encore. »
Photo Chantal Poirier
Le PDG de la SQDC, Jean-François Bergeron, demande de laisser du temps à l’industrie du cannabis pour prendre sa place. « Il faut le faire avec humilité, car on a beaucoup à apprendre encore. »

♦ La plus grosse semaine pour la SQDC a été la première semaine complète suivant la légalisation, soit du 21 au 27 octobre, avec 750 kilogrammes vendus. Le vrai test pour comparer sera cette semaine, puisque tout le réseau est maintenant ouvert sept jours sur sept comme en octobre. «Je m’attends à ce qu’on arrive aux ventes de la plus grosse semaine d’octobre», dit Jean-François Bergeron.

♦ Le prix moyen d’une transaction est d’environ 50 $ à 60 $. Par exemple, il était à 58,21 $ en octobre, selon des documents gouvernementaux obtenus par Le Journal, et à 51,96 $ en décembre.

♦ Concernant les ventes mensuelles, le meilleur mois est clairement le mois passé, soit environ 2000 kilos, en avril. Selon des documents gouvernementaux obtenus par Le Journal, 1383 kg ont été vendus entre le 17 et le 31 octobre, 1905 kg en novembre et 1880 kg en décembre.

♦ Selon les données de la SQDC, leurs ventes représentent environ 30 % de tout le cannabis vendu au Canada, ce qui fait du Québec l’une des provinces avec le plus grand volume de vente.

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Les plus populaires

♦ Contrairement à ce que plusieurs craignaient, les produits les plus populaires ne sont pas ceux avec les taux de THC les plus élevés. Les consommateurs achètent surtout des 3,5 grammes de fleur séchée Sativa d’intensité moyenne. «Les gens se font dire sur le marché noir que leur cannabis est à 20 % de THC, mais il n’y a rien pour le mesurer et, quand ils arrivent chez nous, plusieurs trouvent qu’une intensité moyenne à 10-13 %, c’est excellent», explique M. Bergeron. Les produits de CBD sont aussi demandés, mais les producteurs peinent à en fournir de grandes quantités.

♦ Les produits les plus populaires sont : Helios, un Sativa d’intensité moyenne produit par le fournisseur québécois HEXO. Parmi les cinq plus gros vendeurs, on en trouve un seul à intensité élevée, soit le Sensi Star de Dubon, dont le taux de THC est de 18-36 %.

Les gros consommateurs plus hésitants

♦ La clientèle de la SQDC est «monsieur et madame Tout-le-Monde», selon son PDG. Les gros consommateurs seraient toutefois encore hésitants. «Ceux qu’on va peut-être moins chercher, ce sont les consommateurs qui achètent [au noir] un gros volume de cannabis pour aller chercher un meilleur prix.» La SQDC, elle, ne peut faire de rabais.

♦ En sept mois, le prix moyen du gramme unitaire est passé de 7,27 $ à 7,76 $. «Mon format typique est le trois grammes et demi et je suis vraiment dans le prix et même moins cher que plusieurs sites internet illégaux, explique M. Bergeron. Là où je perds de ma compétitivité, c’est à mesure que le format augmente.» Effectivement, leur plus gros format, 15 g, se vend environ au prix d’une once (28 g) sur le marché noir.

Ça s’améliore plus vite que prévu

♦ Les premiers mois ont été «assombris» par un approvisionnement déficient, reconnaît le PDG Jean-François Bergeron. Mais les choses s’améliorent plus vite que prévu. Pour preuve, toutes les succursales sont ouvertes depuis cette semaine sept jours sur sept. «On pensait revenir à sept jours à la fin de l’été», reconnaît-il.

♦ Tout n’est pas réglé pour autant. «Notre offre est à 50 % du nombre de produits qu’on aimerai», ajoute-t-il. On trouve entre 40 et 60 produits en boutique. Les producteurs fournissent un peu moins de dix tonnes par trimestre (les bons de commande sont ajustés en fonction des capacités et sont légèrement plus bas que prévu).

♦ La SQDC compte six fournisseurs et bientôt 12. Leurs nouveaux produits devraient arriver en succursale à partir de juin. «Le volume sera progressif, donc ça va surtout être à la fin de l’été.»

♦ La SQDC est en discussion avec des producteurs pour avoir des produits comestibles en octobre. «On s’attend à un démarrage en douceur, les producteurs ne seront pas tous prêts», poursuit le PDG.