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Le féroce duel entre Trump et la présidente de la Chambre

Le féroce duel entre Trump et la présidente de la Chambre
AFP

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WASHINGTON | Femme la plus puissante de la politique américaine, la démocrate Nancy Pelosi n’en est pas à sa première polémique avec Donald Trump. Mais mercredi les deux septuagénaires ont fait de la Maison-Blanche l’arène d’un affrontement inédit, sans retenir leurs coups.

La présidente de la Chambre des représentants, âgée de 79 ans, a démarré la journée en convoquant en urgence et à huis clos les élus démocrates pour débattre d’une éventuelle procédure de destitution du président de cinq ans son cadet, à laquelle elle est hostile.

Le féroce duel entre Trump et la présidente de la Chambre
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En sortant de la réunion, elle a lâché une petite phrase qui a rendu furieux Donald Trump. Le président est « engagé dans une opération de dissimulation », a-t-elle dit, en référence aux soupçons d’obstruction de M. Trump à la tentaculaire enquête russe du procureur spécial Robert Mueller.

Celle-ci a conclu à une absence de collusion entre la Russie et l’équipe de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016, mais ne l’a pas exonéré des soupçons d’obstruction à la justice. Les démocrates ont donc lancé de multiples enquêtes parlementaires à la Chambre, où ils sont majoritaires.

Tôt le matin, M. Trump avait une nouvelle fois dénoncé sur Twitter une « chasse aux sorcières » lancée par l’opposition. Mais la petite phrase de Mme Pelosi l’a mis hors de lui.

Il a abrégé au bout de quelques minutes une réunion à la Maison-Blanche avec Mme Pelosi et Chuck Schumer, le chef des sénateurs démocrates, qui devait porter sur un vaste programme d’infrastructures.

« Je ne pratique pas la dissimulation », a martelé M. Trump, visiblement en colère, lors d’une conférence de presse convoquée à la hâte après la fin abrupte de la réunion.

« Je prie pour le président »

« Hier soir j’ai entendu qu’ils allaient se réunir juste avant cette réunion pour parler du mot “i”. Vous vous rendez compte ? », s’est indigné le milliardaire républicain, en référence au mot anglais pour destitution: « impeachment ». 

« Au final, il n’y a pas eu collusion. Il n’y a pas eu obstruction », a-t-il répété. « Tout ça, c’est une tentative pour descendre le président des États-Unis ».

« Donc, maintenant, arrêtez ces investigations bidon », a-t-il conclu, menaçant de ne collaborer sur aucune initiative tant que les enquêtes parlementaires seront en cours.

Peu après, les deux dirigeants démocrates ont répondu aux invectives présidentielles, rendant M. Trump responsable de ce rendez-vous raté.

« Ce qu’il s’est passé à la Maison-Blanche me laisse pantois », a commenté Chuck Schumer.

M. Trump a préféré « passer son tour » sur une coopération avec l’opposition, a regretté Mme Pelosi.

« Nous sommes venus avec l’engagement, l’espoir d’une vision commune pour cette excellente occasion de créer des emplois dans notre pays (...). Malheureusement, le président n’est pas prêt », a-t-elle dit. 

« Je prie pour le président des États-Unis et je prie pour les États-Unis d’Amérique », a-t-elle lancé. 

Donald Trump, connu pour vouloir toujours avoir le dernier mot, leur a répondu dans une rafale de tweets.

« Tellement triste, Nancy Pelosi et Chuck Schumer ne seront jamais capables de voir ou comprendre la grande promesse qu’est notre pays », a-t-il écrit.

« Ils peuvent poursuivre la chasse aux sorcières qui a déjà coûté 40 millions de dollars et été une énorme perte de temps et d’énergie pour tout le monde en Amérique, ou se remettre au travail », a-t-il ajouté.

Et de conclure, plein d’ironie: « Nancy, merci beaucoup pour vos prières, je sais que vous êtes sincère! ».

Nancy Pelosi n’en est toutefois pas restée là, expliquant lors d’un colloque que les faits reprochés au président pourraient « justifier une procédure de destitution ».