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La leçon de Mélanie Joly

La leçon de Mélanie Joly
Photo Martin Alarie

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Mélanie Joly a déposé hier une politique touristique qui se tient... et qui a défrayé la chronique. La plupart du temps, on n’entend que très peu parler du ministère fédéral du Tourisme. La ministre Joly peut considérer son dépôt comme une réussite.

Ai-je besoin de rappeler qu’il s’agit d’une ministre qui partait de loin il y a environ un an lorsque Justin Trudeau lui a retiré le ministère du Patrimoine. Dans le dossier Netflix, elle avait passé un mauvais quart d’heure. Je ne referai pas son procès pour sa gestion des dossiers lors de son passage difficile au Patrimoine. Je me contenterai de constater l’ampleur des dégâts.

Madame Joly passait pour une incompétente, qui maîtrisait mal ses dossiers et qui ne faisait rien bouger. Dans les médias, tout le monde roulait les yeux avant qu’elle ait ouvert la bouche. On présumait que ses explications seraient faibles, incompréhensibles, à la limite du risible.

On aurait pu penser sa carrière politique finie. Moi-même, je me disais qu’elle avait été propulsée trop haut pour des raisons d’image et qu’elle méritait son sort. Et on se disait tous qu’elle tomberait dans l’oubli avec les ministères plus mineurs que le premier ministre lui attribuait.

Au travail !

Or, plutôt que de bouder, de jouer à Calimero ou de s’apitoyer sur son sort, Mélanie Joly s’est retroussé les manches. Devenue ministre des Langues officielles, de la Francophonie et du Tourisme, elle s’est attelée à livrer la marchandise dans ces dossiers qui étaient devenus les siens.

Elle a produit des résultats et marqué des points dans ses trois dossiers. D’abord, comme ministre de la Francophonie, on sait maintenant qu’elle a manœuvré assez habilement dans le dossier de Michaëlle Jean. Le Canada a pu sauver la face et obtenir une autre nomination en retour.

Face aux coupures aux francophones de l’Ontario, elle a joué la politique au maximum. Mais elle a marqué des points pour son parti. Elle a été sur toutes les tribunes, exerçant le leadership d’une ministre canadienne des Langues officielles. L’une des seules du cabinet Trudeau à avoir eu le dessus sur Doug Ford.

Finalement, en matière de tourisme, elle se démarque par sa présence assez visible sur le terrain. On l’a vu apparaître à répétition en tournée dans les régions. Puis elle livre une politique touristique qui tient la route pour ceux qui croient au potentiel de croissance de ce secteur.

Des leçons

Il y a une leçon politique dans la capacité de rebondir de Mélanie Joly. Quel que soit ton ministère ou ton affectation, fais ton travail, occupe-toi de ton monde, sois proactif et livre la marchandise.

On pourrait même y voir une leçon de vie pour tous ceux qui vivent un recul professionnel.

Les choses peuvent changer vite. Il y a un an, Mélanie Joly représentait un boulet dans un gouvernement où tout allait bien. Aujourd’hui, elle représente plutôt un atout dans un gouvernement ou tout semble tourner au vinaigre.