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Le vélodrome: un problème à résoudre à Québec

Les épreuves sur piste sont la principale lacune de Québec

Glasgow dispose de son vélodrome Sir Chris Hoy pour les championnats mondiaux de 2023, une infrastructure qui manque à Québec si elle souhaite obtenir l’événement de 2027.
Photo d’archives, AFP Glasgow dispose de son vélodrome Sir Chris Hoy pour les championnats mondiaux de 2023, une infrastructure qui manque à Québec si elle souhaite obtenir l’événement de 2027.

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Construction d’un vélodrome, plan B dans celui exigu de Bromont, utilisation de l’ovale existant à Milton ou installation temporaire ; les épreuves sur piste exposent la principale lacune de Québec dans un intérêt pour les championnats mondiaux de cyclisme en 2027.

«Si vous me demandez ma préférence, c’est qu’il y ait un vélodrome construit à Québec. Ma deuxième, ce serait que les compétitions sur piste aillent à Bromont ou ailleurs au Québec, comme à Montréal où il y a toujours un projet pour faire renaître un vélodrome», affirme Louis Barbeau, directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes, qui croit en la vitalité d’un vélodrome à Québec à cause du potentiel pour des plateaux sportifs au milieu de l’ovale.

«Il faudrait voir. Est-ce qu’il y a une volonté politique pour construire un vélodrome à Québec?» demande avec prudence le président de Cyclisme Canada, Pierre Laflamme.

Selon les critères de l’Union cycliste internationale (UCI), une piste d’un périmètre minimal de 250 m avec une certaine capacité d’accueil est requise. À titre d’exemple, le BGZ Arena de Pruszkow en Pologne, où ont eu lieu les mondiaux en février dernier, peut contenir jusqu’à 1800 spectateurs.

Privée d’une telle infrastructure, Québec devrait alors trouver une solution afin de tenir les compétitions qui se déclinent en neuf épreuves durant cinq jours et destinées aux meilleurs pistards féminins et masculins de la planète.

Québec ou Bromont

Depuis la démolition du vélodrome olympique de Montréal en 1989, il a fallu attendre jusqu’à l’annonce définitive en février dernier d’un projet de 12 M$ à Bromont – avec son ouverture prévue en 2020 – pour espérer revoir un ovale intérieur au Québec. La capacité de l’infrastructure de Bromont se limitera toutefois à 660 spectateurs.

«Il faut un minimum de sièges et celui de Bromont n’a peut-être pas la place suffisante pour accueillir un championnat du monde. Ça pourrait être l’occasion d’avoir pour le Québec un vélodrome couvert avec les normes internationales et qui, grâce à la surface de 500 mètres carrés au milieu, peut être utilisé pour d’autres sports», souligne le président de l’UCI, David Lappartient.

Autre option à Milton

Dans la nouvelle mode internationale de rationaliser l’organisation de grands événements sportifs, le vélodrome de Milton en Ontario se profile. Construit au coût de 56 M$ pour les Jeux panaméricains de Toronto en 2015, l’amphithéâtre compte 1500 sièges. « Entre l’option de présenter tous les événements des mondiaux à Québec ou la possibilité de tout perdre, dans ce cas, je préfère au moins qu’il y ait 80 % des épreuves à Québec et le reste ailleurs », concède Louis Barbeau.

«S’il devait y avoir une candidature, il y a 700 km entre Montréal et Milton, alors ce n’est pas injouable non plus», estime Lappartient.

Piste temporaire

Dans les alternatives se trouve également celle d’une piste temporaire. Ce recours avait été emprunté pour les mondiaux de 1993 à Hamar en Norvège, où une surface avait été installée temporairement dans l’amphithéâtre de patinage de vitesse construit pour les Jeux olympiques de Lillehammer l’année suivante.

«C’est un peu plus compliqué, mais ça s’est fait dans certains endroits et rien n’est impossible», indique le président de la fédération internationale.

Si cette option éphémère était retenue, le Centre Vidéotron et le Centre de glaces, dont l’inauguration est prévue à l’automne 2020, se proposent déjà.

Des atouts pour la route

L’ex-président de Gestev, Patrice Drouin, qui siège à la Commission de vélo de montagne de l’UCI, dit connaître l’attachement du président David Lappartient pour Québec. « Ce n’est pas un territoire inconnu pour eux », dit l’ex-promoteur à la retraite depuis deux mois.
Photo d’archives, Jean-François Desgagnés
L’ex-président de Gestev, Patrice Drouin, qui siège à la Commission de vélo de montagne de l’UCI, dit connaître l’attachement du président David Lappartient pour Québec. « Ce n’est pas un territoire inconnu pour eux », dit l’ex-promoteur à la retraite depuis deux mois.

Inspirée par un relief varié et des paysages charmeurs pour une télédiffusion internationale, Québec a déjà visé les championnats mondiaux de cyclisme sur route de 2003 et de 2015. L’intérêt de l’Union cycliste internationale avait été tel qu’elle avait survolé la ville jusqu’à Charlevoix pour constater le potentiel des parcours.

Un nouvel intérêt pour des championnats en 2027 n’étonne pas Patrice Drouin.

L’ex-président de la firme Gestev a été à l’origine de deux candidatures précédentes, dont une plus solide qui avait dû être abandonnée pour des raisons politiques.

Le président en hélicoptère

La première tentative avait été effectuée pour l’édition de 2003, dans un contexte jugé favorable pour le Canada. Ce projet québécois avait emballé tous les paliers de gouvernement, selon Drouin. Le promoteur avait profité d’une visite du président de l’UCI à l’époque, Hein Verbruggen, pour survoler en hélicoptère la vaste région de Québec.

«C’est probablement l’endroit en Amérique le plus connu pour l’UCI. Ils viennent au mont Sainte-Anne depuis 30 ans pour le vélo de montagne», partage Drouin.

Québec avait finalement renoncé à l’aventure en 2003 lorsqu’un comité à Hamilton, grâce à une subvention promise par la députée fédérale Sheila Copps, alors ministre du Patrimoine canadien, « nous avait coupé l’herbe sous le pied », relate Patrice Drouin.

Cohabitation impossible

La société Gestev avait plus tard ressorti son cahier de charge, afin de se positionner en vue des mondiaux de 2015. Le début en 2010 des rendez-vous annuels du circuit World Tour à Québec et Montréal, orchestré par le promoteur Serge Arsenault, avait passé à la trappe un projet dans la capitale et les mondiaux de 2015 ont ensuite été attribués à Richmond, en Virginie.

«Il aurait été impossible de tenir les championnats du monde et le World Tour durant la même période et la même année. Mais tous nos parcours étaient réglés auprès de l’UCI, la Ville de Québec et la Sûreté du Québec», rappelle Patrice Drouin.

Lexique pour s’y retrouver

Voici un sommaire des disciplines des championnats mondiaux.

Route

Discipline olympique depuis les premiers Jeux en 1896. L’épreuve en ligne se déroule sur une distance variable (260 km pour les élites aux championnats du monde) et le contre-la-montre individuel sur 40 à 50 km (les coureurs partent à intervalles de une à deux minutes). Le contre-la-montre par équipe, sur la même distance, réunit un minimum de deux coureurs ou un maximum de 10.

Piste

Les premiers championnats mondiaux datent de 1893. Dix épreuves déclinées en trois groupes (vitesse, endurance et combiné).

Paracyclisme

Trois épreuves sur route et cinq sur piste. Quatre groupes de handicaps : aveugles et malvoyants, infirmité motrice cérébrale, handicaps locomoteurs et vélos à main.

Vélo de montagne Cross-country

Discipline olympique depuis 1996. Courses sur des circuits forestiers et rocailleux avec obstacles et qui requièrent des habiletés techniques. Parcours de cinq à neuf kilomètres et durée de course entre 1 h 45 min et 2 h 30 min.

Vélo de montagne Descente

Course de contre-la-montre durant laquelle le descendeur négocie des passages rapides et techniques. La vitesse peut atteindre 80 km/h.

Vélo de montagne Marathon

Épreuve sur une distance d’au moins 60 km et d’un maximum de 120 km, qui assure une durée de course de plus de quatre heures au gagnant. Contrairement au cross-country, les concurrents ne passent jamais deux fois au même endroit.

Vélo de montagne Eliminator

Quatre coureurs s’engagent sur une piste d’environ un kilomètre ponctuée de virages et de sauts. Les courses durent entre 30 secondes et une minute. Les deux plus rapides passent à la ronde suivante.

BMX Supercross

Discipline olympique depuis 2008. Huit coureurs s’élancent d’une rampe de haut et se mesurent sur un parcours d’environ 350 m ponctué de bosses, virages relevés et segments plats. Les quatre plus rapides passent à la ronde suivante.

BMX Freestyle

Deviendra une discipline olympique aux Jeux de 2020. Figures à vélo sur des bosses, modules et éléments urbains. Performances notées par des juges.

Gran Fondo

Signifie « longue randonnée » en italien. Coureurs de tous âges demeurés compétitifs et qui veulent rouler à un haut niveau, ou coureurs pour qui le seul objectif consiste à compléter une épreuve.

Cyclisme en salle

Il se compare au patinage artistique. Chorégraphie à vélo sur une musique d’une durée d’environ cinq minutes.

Trial

Les concurrents franchissent à vélo des obstacles naturels ou artificiels dans un temps limite sans utiliser d’autres appuis que les roues de leur vélo.

Source : UCI