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L’effet Femme fatale : trop belles pour être bonnes

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Catherine Courchesne - 37e AVENUE

 

En affaires, les belles femmes sont perçues négativement, selon une nouvelle étude menée aux États-Unis. La beauté ne serait cependant ni un avantage ni un inconvénient pour leurs collègues masculins.

La beauté ouvre toutes les portes, dit-on... mais c’est parfois la porte de sortie ! C’est du moins ce que révèle une étude américaine intitulée The Femme Fatale Effect.

Parue en mars 2019 dans la revue Sex Roles, l’étude démontre que les femmes d’affaires attirantes sont jugées moins dignes de confiance. Les hommes beaux, quant à eux, ne seraient pas victimes de ces mêmes préjugés. Un phénomène que les deux autrices de l’étude, Dre Leah D. Sheppard et Dre Stefanie K. Johnson, nomment « l’effet Femme fatale ».

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La beauté : une menace

L’effet Femme fatale s’expliquerait notamment par l’insécurité sexuelle, c’est-à-dire le fait de se sentir menacé par la beauté des femmes. « L’attractivité est perçue comme menaçante, car selon les théories évolutionnistes, elle est avant tout utilisée pour rivaliser avec la concurrence et attirer un partenaire potentiel », explique la Dre Sheppard. Par conséquent, l’attractivité déclencherait des réactions négatives (conscientes ou non) comme la comparaison (elle est plus belle que moi), la jalousie (elle a sûrement réussi grâce à sa beauté), la crainte d’être séduit (elle va m’empêcher de me concentrer, elle va détruire mon couple) ou encore la crainte d’être trompé (tente-t-elle de me manipuler, d’obtenir une faveur ?).

Toutefois, les résultats de l’étude indiquent que l’effet Femme fatale diminue chez les participants « sexuellement sécurisés », c’est-à-dire des participants à qui l’on a demandé de se remémorer une relation dans laquelle ils se sentaient en sécurité, ainsi que de décrire un moment de leur vie où ils étaient bien dans leur peau. Tout ceci dans le but de les plonger dans un état de confiance.

L’effet Femme fatale s’expliquerait également par le préjugé suivant : les femmes attirantes qui ont du succès le doivent à leur beauté, entre autres parce qu’elles ont su charmer des hommes haut placés. Après tout, elles ne peuvent pas être belles, intelligentes et compétentes à la fois, non ? Ce serait trop injuste...

Fait intéressant : l’effet Femme fatale persiste, et ce, que les femmes occupent un poste traditionnellement masculin ou non. Il disparaît cependant de nouveau lorsque les participants sont en état de « sécurité sexuelle ».

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La beauté : un handicap

L’attractivité étant perçue comme menaçante, les belles femmes d’affaires auraient donc à gagner la confiance de leurs pairs. Camille (nom fictif) est d’ailleurs bien placée pour le savoir. Propriétaire de bars à Montréal, un milieu très « mâle alpha », cette belle blonde a dû prouver ses compétences à maintes reprises. « En plus, on me demandait constamment "t’es la femme de qui ?"... Comme si je n’avais pas pu réussir par moi-même ! » Une réalité qui, selon les autrices de l’étude, va certainement au-delà du monde des affaires. Il suffit de penser aux femmes politiciennes, par exemple.

Heureusement, il serait possible de combattre l’effet Femme fatale. D’abord, en prenant conscience des préjugés qui le sous-tendent. Ensuite, en remettant ces derniers en question. Ainsi, les belles femmes n’auraient plus à porter l’entière responsabilité de gagner la confiance des autres, puisque les autres apprendraient à leur faire confiance aussi !