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Les crédits d’impôt pour aînés sont inadéquats, selon l’IRIS

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MONTRÉAL | Même si les aînés utilisent de plus en plus de crédits d’impôt au Québec, ces outils fiscaux sont «inadéquats aux enjeux de société», estime l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) dans une étude publiée aujourd'hui.

Pour Guillaume Hébert, chercheur à l’IRIS et auteur de l’étude, le gouvernement québécois a trop souvent recours à des outils fiscaux et les crédits d’impôt sont devenus «un automatisme» pour répondre à n’importe quel problème: «Les personnes âgées peinent à trouver un hébergement et à payer leurs médicaments. Elles ont du mal à joindre les deux bouts avec leur mince revenu de retraite? Elles paient trop de taxes? Par ici les crédits d’impôt.»

«Celui-ci peut évidemment avoir des effets positifs, mais il ne saurait pallier des mesures beaucoup plus structurantes et moins électoralistes», a-t-il ajouté.

L’étude prend pour exemple le crédit d’impôt pour maintien à domicile des aînés, qui a explosé de 162,3% en 10 ans, «alors que les besoins dans ce domaine sont criants en raison des dépenses publiques insuffisantes». Même constat du côté du crédit d’impôt pour frais médicaux, dont l’utilisation a augmenté de 84% sur la même période.

L’IRIS constate également que certains crédits sont peu utilisés et méconnus. C’est notamment le cas du crédit d’impôt pour activités des aînés, qui vise à briser l’isolement, mais qui alloue un montant maximal de 40$.

«Il est impératif que les gouvernements mettent de l’ordre dans ces crédits, parce qu’à l’heure actuelle, une chatte n’y retrouverait pas ses petits», déplore le chercheur qui estime qu’il faudrait mieux publiciser les programmes auxquels les aînés ont droit.

Par l'entremise de son étude, l’IRIS invite les gouvernements à entamer «une profonde réflexion» sur l’utilisation de ce type de dépenses fiscales.

«La solution ne réside pas dans le saupoudrage de mesures fiscales qui, ultimement, profitent au secteur privé, a affirmé M. Hébert. Nous devons miser davantage sur un impôt progressif, des services adéquats et des prestations publiques.»