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Reculer dans le précipice

Fetus inside the womb
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Je vais vous avouer que je ne sais pas par où commencer. Ce sujet est tellement immense qu’il m’assaille de toute part. D’un côté, j’aimerais juste crier, revendiquer, clamer haut et fort l’injustice et la stupidité de tout cela. De l’autre, j’aimerais être sage et tenter de raisonner la chose. Ne pas la voir comme un amas de conneries, mais plutôt comme une multitude de facteurs qui nous ont conduit jusque-là.

Mais la vérité est que je suis subjugué. Je suis enseveli de haine et de dégout devant un tel recul d’une cause aussi importante que l’avortement. En fait, on parle de beaucoup plus que de l’avortement en tant que tel, mais de la cause des droits de la femme au complet. Je l’avoue, je fais partie d’une caste très privilégiée de la société. Je suis un homme, blanc, dans la trentaine, de la classe moyenne. Je ne peux certainement pas me plaindre. Mais je suis très sincère quand je dis que cette situation me dégoute.

C’est comme si tout ce que je définissais comme juste et vrai m’explosait en pleine face et je n’ose même pas imaginer ce que cela doit être pour vous, mesdames. De voir des femmes, vraiment pas si loin de vous, se faire enlever des droits qui ont été si difficiles à acquérir.

Parce qu’il ne faut pas l’oublier, le droit à l’avortement, n’est pas un droit acquis qui date du temps de mathusalem. Ce fut un combat long et ardu que les femmes ont dû mener, il n’y a vraiment pas si longtemps. Et aujourd’hui, après avoir longuement arpenté ce laborieux pèlerinage vers l’émancipation, on commence à reculer.

Parfois, il est utile de prendre un pas de distance pour se donner un point de recul sur la situation. Ce n’est pas le cas ici. Ce n’est pas un recul sage et bienfaisant. C’est un recul justifié par la peur du divin et pour suivre les codes de vie inscrits dans la bible. Vous connaissez peut-être ce roman de fiction que certains semblent prendre beaucoup trop au sérieux.

Une petite poignée d’hommes blancs est entrain de pousser des millions de femmes ainsi que des années de combat pour la libération de leur être, vers un précipice.

Ce même précipice qui fut si difficile à gravir. Ces parois abruptes et acérées sont venues à bout de plusieurs femmes qui en ont tenté l’ascension et dont finalement on commençait à s’éloigner.

Comment faire pour éviter tout cela? Qu’est-ce que moi, toi, eux, nous pouvons faire pour ne pas que tout cela arrive? Je ne sais pas, j’aimerais le savoir, mais je ne sais pas. Je suis inquiet de ce qui s’en vient. Est-ce que cette folie fera son chemin jusqu’à nous? Jusqu’à nos femmes, nos filles.... Ma fille.

Une chose est sure, il ne faut pas rester silencieux. Il faut en parler. Dès que l’occasion se présente, il faut protester. Clamer, crier, réclamer l’égalité et la liberté pour TOUS. Il ne faut jamais oublier qu’il y a beaucoup plus de gens qui ne veulent pas tomber dans ce précipice, que de gens qui veulent nous y pousser.