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Un agent correctionnel acquitté poursuit son propre employeur

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Un agent correctionnel acquitté d’avoir battu un détenu vient d’intenter une poursuite de 200 000 $ contre son employeur, qu’il accuse d’avoir mal géré son dossier.

« Les dommages causés à sa réputation sont substantiels. Il a été dépeint comme un homme brutal et violent, agressant sans raison apparente un détenu en situation vulnérable à coups de poings et de pieds », affirment les avocats de Pierre Khoury dans la poursuite civile rendue publique mercredi à Montréal.

Khoury, 32 ans, travaillait à la prison de Saint-Jérôme en 2018, quand il a dû maîtriser un détenu aux prises avec des problèmes psychiatriques.

 

Plainte d’une collègue

« Il s’est agité, a brisé du matériel, s’est créé une arme artisanale, de façon à nécessiter l’usage de poivre de Cayenne », peut-on lire dans le document de cour.

Or, à la suite de l’intervention, une collègue de Khoury se serait plainte des méthodes de ce dernier, ce qui a mené à des accusations de voies de fait.

Sauf que lors du procès la semaine passée, le détenu a livré un témoignage décousu et imprécis, qui divergeait avec celui d’une agente. Khoury a été acquitté sur-le-champ, mais il n’a pas voulu en rester là.

C’est que, selon lui, sa supérieure – aussi visée par la poursuite civile – aurait mal géré le dossier.

Dossier incomplet

« Le lendemain [de l’intervention], plusieurs agents ont changé leur version après être passés dans le bureau [de la supérieure], indique le document de cour. La version selon laquelle [Khoury] aurait donné plusieurs coups est absolument incompatible avec l’état du détenu après l’intervention. »

Khoury se plaint également du traitement du dossier, avec des rapports favorables qui n’auraient pas été transmis à la Couronne.

« Il est raisonnable de croire que sur la base d’un dossier complet, la décision [...] quant au dépôt des accusations aurait été toute autre », allègue-t-il.

Déplorant la médiatisation du dossier et des « nombreux commentaires haineux, et même des menaces » qu’il dit avoir reçues, il affirme être en droit d’être dédommagé à hauteur de 200 000 $.

Comme le dossier est devant la cour, le ministère de la Sécurité publique n’a pas souhaité commenter.