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Zoo de Saint-Édouard : relocalisation complexe en vue

Le propriétaire du zoo de Saint-Édouard Normand Trahan a été arrêté mardi pour cruauté animale

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Photo courtoisie, Meredith Lee, Humane Society International Les grands félins et les chameaux font partie des espèces les plus difficiles à relocaliser en Amérique du Nord étant donné qu’ils préfèrent vivre dans les climats chauds. 

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L’opération pour relocaliser les bêtes du zoo de Saint-Édouard-de-Maskinongé après l’arrestation de son proprio pour cruauté animale prendra des semaines, alors que davantage de pensionnaires que prévu y ont été trouvés.

« Nous avons complété l’inventaire des animaux et nous en sommes à plus de 200, c’est plus que ce que nous pensions hier [...] Ça vient quand même compliquer les choses », a indiqué Me Sophie Gaillard, directrice de la défense des animaux à la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux de Montréal (SPCA).

Mardi, il était plutôt question d’une centaine de pensionnaires secourus, alors que lions, tigres, zèbres, kangourous et chameaux ont été pris en charge.

Le propriétaire de l’endroit, Normand Trahan, a été arrêté pour cruauté animale. Les lieux où ils étaient gardés en captivité étaient « largement inadéquats », soutient la SPCA.

« On a noté des problèmes significatifs : l’état des installations, la taille des enclos, l’accès à la nourriture et à l’eau, des animaux qui semblent avoir manqué de soins vétérinaires », relate Sophie Gaillard, qui ajoute que des bêtes présentent des signes de « détresse psychologique ».

Partout en Amérique du Nord

Un important processus pour envoyer les animaux dans de nouveaux refuges s’est donc enclenché. Ils ne se trouveront pas seulement ailleurs au Québec, mais aussi dans des « sanctuaires dans le reste du Canada et aux États-Unis ».

« On réalisait que c’était peu probable d’obtenir les meilleurs standards pour toutes ces espèces-là en se restreignant seulement au Québec », explique Ewa Demianowicz, porte-parole de Humane Society International/Canada, l’organisme qui coordonne la relocalisation.

Les espèces habituées à vivre dans un climat chaud, comme les grands félins et les chameaux, seront les plus difficiles à relocaliser, selon elle.

« C’est l’opération la plus complexe qu’on ait eu à mener jusqu’à présent. [...] Pour l’instant, les animaux demeurent sur place, mais il y a une équipe dédiée pour leur prodiguer les soins nécessaires. Ils vont partir lorsque la logistique sera mise en place pour chacun », ajoute Mme Demianowicz.

Partir rapidement

L’objectif est de leur faire quitter le zoo de Saint-Édouard-de-Maskinongé le plus rapidement possible. Mais l’opération est compliquée par l’obtention de nombreuses accréditations, ce qui peut prendre plusieurs semaines.

« Les espèces protégées qui font partie de listes de conventions internationales demandent des permis spéciaux pour être déplacées. On a des conditions à remplir et ça ne s’obtient pas rapidement et facilement », indique Ewa Demianowicz.

Du personnel spécialisé doit aussi être mandaté pour chacun des transports. Certaines bêtes doivent nécessiter des tests médicaux avant d’obtenir les permis.

Au final, les 200 pensionnaires du zoo pourraient se trouver dans plus d’une dizaine d’endroits.

Dès aujourd’hui, les premières bêtes « les plus simples à transporter », soit les animaux de ferme, quitteront le zoo pour un refuge dans la grande région de Montréal.

« Ils s’en vont chez un particulier, une famille d’accueil spécialisée qui a passé le processus de sélection de la SPCA », précise Sophie Gaillard.