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Retour du baseball: avoir les bonnes personnes en place

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Photo Agence QMI, Dominick Gravel Le baseball majeur a besoin d’une deuxième équipe canadienne, croit Andre Dawson.

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Derek Aucoin était le seul convive plus grand qu’Andre Dawson, lors de la soirée célébrant le 50e anniversaire de la naissance des Expos, mardi soir, dans le port de Montréal.

En plus d’en imposer par sa grande taille, Dawson a du style et de la classe. Vêtu d’un chic complet bleu à rayures blanches, l’ancien voltigeur de centre attirait l’attention partout où il passait.

L’homme est le même que l’on a connu à ses années de gloire dans l’uniforme des Expos. Il est calme, posé et respectueux.

Sa personnalité sied bien avec son travail actuel. Pour ceux qui ne le sauraient pas, il est propriétaire d’un salon funéraire à Miami. Mon collègue François-David Rouleau a produit un excellent reportage à ce sujet dans Le Journal, en mars dernier.

Première condition

Dawson s’intéresse toujours au baseball.

Il occupe un poste de consultant avec les Cubs de Chicago, avec qui il avait connu en 1987 la meilleure saison de sa carrière, l’année suivant son départ des Expos. Ses exploits lui avaient valu le titre de joueur le plus utile à son équipe dans la Ligue nationale.

Il suit le dossier du retour possible d’une concession des ligues majeures à Montréal.

« L’important, c’est d’avoir les bonnes personnes en place », priorise-t-il.

« Ça prend des gens qui veulent faire les bonnes choses, qui travaillent pour offrir un bon produit aux amateurs et qui veulent gagner.

« Je pense que l’on retrouve tout ça dans le groupe mis en place par Stephen Bronfman. Une nouvelle équipe pourrait fonctionner à Montréal avec ces personnes. De plus, le baseball majeur a besoin d’une deuxième équipe au Canada. »

Là où tout a commencé

Personne ne peut dire quand ce moment arrivera, mais Dawson pourrait être un bon candidat pour travailler au sein de l’organisation.

Il répond à toutes les invitations qui lui sont faites de venir à Montréal, même si son association avec les Expos a pris fin il y a plus de 30 ans et que l’équipe n’existe plus depuis une quinzaine d’années.

« Les Expos m’ont donné ma première chance, explique-t-il. C’est le genre de chose qui ne s’oublie pas. »

Dawson était parti de loin. Les Expos l’avaient réclamé au 250e rang (11e ronde) au repêchage de 1975. L’année suivante, il disputait ses premiers matchs au parc Jarry, à l’âge de 22 ans.

Le premier choix de la cuvée 1975, Danny Goodwin, n’a pas joué 100 matchs avec les Angels de la Californie. Il a joué ensuite avec les Twins du Minnesota et les Athletics d’Oakland. Il a livré sa dernière rencontre dans les grandes ligues à 32 ans.

Dawson a connu une carrière de 21 saisons qui l’a mené au Panthéon du baseball.

Mauvaise fin avec les Marlins

L’homme sait de quoi il parle quand il parle de l’importance de miser sur un bureau de direction compétent.

Avant de se joindre aux Cubs, il a travaillé pendant plus de 20 ans pour les Marlins de Miami dans un rôle de consultant et d’ambassadeur. Il touchait 85 000 $ par année (source USA Today), ce qu’il aurait pu gagner en quelques présences dans des séances d’autographes.

Dans les mois précédant la vente des Marlins par Jeffrey Loria à Bob

Sherman en 2017, les membres du personnel de consultants et d’ambassadeurs des Marlins ont été avisés que leur salaire serait réduit de 25 000 $. Outre Dawson, le groupe comprenait l’ancien gérant Jack McKeon, qui avait mené les Marlins à leur deuxième titre de la Série mondiale en 2003, Tony Perez et Jeff Conine, surnommé Mr. Marlin.

Pas facile, le baseball en floride

Les Marlins sont la pire équipe des ligues majeures depuis qu’ils ont été vendus. L’ancien arrêt-court étoile des Yankees, Derek Jeter, qui possède une participation de quatre pour cent dans l’équipe, dirige les opérations baseball.

L’organisation s’est départie de tous les hauts salariés qui figuraient sur sa masse salariale. Les Marlins attirent encore moins de spectateurs dans leur stade datant de 2012 que les Rays de Tampa Bay. Leur moyenne d’assistance a chuté sous la barre des 10 000 spectateurs cette année. Elle s’établit à 9793 personnes après 26 matchs.

Dawson ne se prononce pas sur la décision des propriétaires en place d’avoir opté pour une reconstruction.

« C’est un choix qui leur appartient », dit-il.

« Il faudra compter cinq ans avant de voir des résultats et, encore là, rien n’est garanti. De plus, Miami est un marché difficile pour le baseball. Ce n’est pas la première fois que les

Marlins repartent à zéro. Les amateurs en ont peut-être assez de ça. »

Leur premier propriétaire, Wayne Huizenga, qui avait fait fortune avec la chaîne Blockbuster Video, avait laissé partir Moises Alou et les lanceurs Kevin Brown, Alex Fernandez et Al Leiter après que les Marlins eurent remporté la Série mondiale à leur cinquième saison d’existence, en 1997.

L’équipe n’a remporté que 54 victoires l’année suivante. Elle a remporté un deuxième titre sous la direction du chic duo Loria-Samson en 2003.

Dire que Loria a obtenu aussi 1,2 milliard $ pour les Marlins après les avoir payés 158,5 millions $.

Il y en a qui ont toute la chance pour eux...