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Une saveur historique

Plusieurs raisons de célébrer les championnats du monde de vélo de montagne dans trois mois

Une saveur historique
Photo Agence QMI, Daniel Mallard

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BEAUPRÉ | Le printemps se pointe timidement le bout du nez, mais il est facile de se projeter à la fin de l’été, au Mont-Sainte-Anne, où il y aura plusieurs incitatifs à la fête, pour les championnats du monde de vélo de montagne UCI, du 21 août au 1er septembre. Présenté sur place pour une troisième fois, l’événement revêt cette année un cachet particulièrement historique.

Les quelque 70 000 amateurs attendus à la montagne de Beaupré pendant les deux semaines de festivités pourront non seulement épier 2000 athlètes de 50 pays, mais ils auront tôt fait de réaliser l’ampleur de l’événement.

La vice-présidente de Gestev, Chantal Lachance, ainsi que la médaillée olympique de 2004 et ambassadrice des championnats du monde de 2019, Marie-Hélène Prémont, s’attendent à une participation monstre du public au Mont-Sainte-Anne.
Photo Stevens Leblanc
La vice-présidente de Gestev, Chantal Lachance, ainsi que la médaillée olympique de 2004 et ambassadrice des championnats du monde de 2019, Marie-Hélène Prémont, s’attendent à une participation monstre du public au Mont-Sainte-Anne.

En voulez-vous des premières ? En voilà ! Pour une toute première fois, les championnats du monde seront présentés dans une même montagne, en l’occurrence le Mont-Sainte-Anne, à une troisième reprise.

Pour la première fois aussi, les catégories « élite » et « maître » seront présentées dans un même lieu. Il s’agira également du premier championnat avec des vélos électriques à être présenté. Et pour couronner le tout, l’UCI célébrera du même coup le 30e anniversaire des championnats du monde de vélo de montagne.

« Ce qu’on fait aujourd’hui, c’est un wake up call pour dire que tout ça s’en vient chez nous », s’est réjouie Chantale Lachance, vice-présidente chez Gestev, qui organise le tout.

« C’est l’un des plus gros événements sportifs que la province aura accueillis. On parle des Jeux olympiques du vélo de montagne », a-t-elle ajouté.

Année préolympique

Par-dessus tout, ce qui réjouit l’organisation relève d’une simple question de timing. Quand l’UCI s’est tournée vers Gestev, l’année 2019 semblait hors de portée, à cause du système d’alternance habituel des continents hôtes.

Gestev a toutefois fait savoir que 2020 et 2021 ne s’avéreraient pas des cibles aussi intéressantes puisqu’il s’agit d’une année olympique et d’une autre post-olympique.

« Ce n’était pas l’Amérique qui était ciblée pour 2019 à la base, mais il y a cinq ans, lors de la présentation de la Coupe du monde au Mont-Sainte-Anne, l’UCI a ouvert la porte. On a sauté là-dessus », a rappelé Mme Lachance.

Évidemment, qui dit année préolympique, dit aussi présence accrue des meilleurs athlètes au monde, puisqu’il s’agira d’une étape majeure pour les critères de sélection olympique, tant pour les cyclistes que pour les pays en lice. Lors des deux précédentes éditions des championnats du monde au Mont-Sainte-Anne, en 1998 et 2010, l’organisation n’a pu profiter d’une telle occasion.

« On en rêvait. Ce sera la première fois qu’on aura la chance de présenter l’événement en année préolympique. C’est le meilleur scénario possible pour recevoir toute l’attention sportive et médiatique sur notre événement », a-t-elle renchéri.

Comme... Monaco !

Depuis 1991, le Mont-Sainte-Anne est l’hôte, annuellement, de la Coupe du monde de vélo de montagne, à l’exception des deux années où les championnats du monde ont pris le relais.

Cette 29e présence attendue procure à coup sûr au Mont-Sainte-Anne le titre de montagne reine dans la discipline.

« Le Mont-Sainte-Anne pour le vélo de montagne est ce que Monaco est à la F1 ou ce que Kitzbühel est au ski alpin », clame Chantal Lachance.

Que le grand cirque débarque, maintenant.

 

Un événement majeur

  Coupe du monde Championnats du monde
Athlètes 1200 2000
Budget 2,7 M$ 7,3 M$
Retombées 4,5 M$ 11 M$
Visiteurs 30 000 70 000 (attendus)
Pays 30 50
Journalistes 100 250

 

Marie-Hélène Prémont, ambassadrice de l’événement: « Une compétition plus grosse que celle aux Jeux olympiques »

Retraitée de la compétition depuis 2014, Marie-Hélène Prémont ne passe pas par quatre chemins pour illustrer l’ampleur des championnats du monde pour les cyclistes. À ses yeux, le calibre y est plus relevé que lors de la même compétition aux Jeux olympiques.

« Je ne veux pas corriger Chantal [Lachance], mais pour moi, c’est une compétition plus grosse que celle aux Jeux olympiques », a dit celle qui agira comme ambassadrice des championnats du monde au Mont-Sainte-Anne cet été.

« Les championnats du monde, c’est la date qu’on vise dès le début de l’année. On se prépare tous pour cette course-là, même parfois au détriment de courses en Coupe du monde, question de s’assurer d’être dans la meilleure forme aux championnats du monde.

« Pour moi, c’est une course plus difficile qu’aux Jeux olympiques. Aux Jeux, on affronte seulement les athlètes sélectionnés tandis qu’aux championnats du monde, tous les meilleurs athlètes sont là. »

Chez les maîtres ?

Prémont, qui a d’abord œuvré aux championnats du monde de 1998 au Mont-Sainte-Anne à titre de bénévole, a ensuite connu une carrière décorée sur la scène internationale.

Après ses dernières compétitions en 2014, elle a remisé son vélo de montagne pour une coupure nécessaire. Depuis, le plaisir est revenu. Puisque les championnats proposent le volet chez les maîtres, un bref retour pourrait être tentant...

« Ce n’est pas dit que durant l’été, je ne vais pas y penser et me dire que je vais le faire. En même temps, courir, ça voudrait dire que je veux encore être en avant. Chez les maîtres, c’est vraiment différent », a-t-elle résumé en hésitant.

« La dernière année, j’en ai moins fait en congé de maternité. J’ai fait beaucoup de jogging et la forme est encore là. Je suis encore compétitive et je sais que je pourrais quand même bien faire », a-t-elle laissé entendre.

 

Mondiaux multidisciplinaires en 2027: Pas de meilleure ville que Québec, estime le milieu du cyclisme

La nouvelle publiée dans Le Journal de jeudi concernant la tenue potentielle des championnats mondiaux multidisciplinaires de cyclisme à Québec en 2027 n’a pas mis de temps à faire saliver différentes figures de proue de la discipline sportive.

La bombe venue du collègue Alain Bergeron s’est vite répandue et en marge de la conférence de presse des championnats du monde de vélo de montagne, jeudi, le sentiment semblait unanime voulant que Québec soit une candidate de choix pour succéder à Glasgow, qui présentera les premières « olympiades du vélo » en 2023.

« Le vote n’aura pas lieu avant septembre 2020 et ce qu’on veut savoir d’ici là, c’est s’il y a une volonté politique locale, de toute la grande région de Québec. Si les budgets font que Montréal est favorisée, on devra le laisser aller à Montréal, mais je trouve que ce serait dommage parce qu’à Québec, il y a toute l’expertise sur route et en montagne, avec tout à proximité.

« Et quant à moi, le Grand Prix cycliste de Québec est plus attrayant que celui de Montréal. À Québec, il y a la population qui embarque aussi », a souligné le grand manitou de Cyclisme Canada, Pierre Laflamme.

Prémont enthousiaste

De son côté, pour avoir vécu le feu de la compétition de l’intérieur, Marie-Hélène Prémont est d’avis qu’outre le dossier du vélodrome, Québec présente un dossier parfait.

« Je pense que ce serait vraiment un gros événement et une belle visibilité qu’on pourrait avoir à Québec. On a tout à Québec pour tenir tous les événements d’un tel championnat, sauf le vélodrome. S’il y a une ville sur la planète où on peut présenter ça, c’est ici », a mentionné l’ex-cycliste de renom.

Vice-présidente chez Gestev, Chantal Lachance y verrait l’occasion idéale pour enfin digérer le fait que Hamilton avait obtenu les championnats du monde sur route de 2003 au détriment de Québec, en vertu d’une généreuse subvention.

« Une belle surprise »

« J’ai encore cette décision de travers dans la gorge et j’ai appris la nouvelle concernant 2027 comme une belle et grosse surprise.

« Contrairement à d’habitude où Gestev fait les démarches pour obtenir des événements, cette fois la volonté va devoir venir de la politique. Je suis encore convaincue qu’on a la plus belle ville au monde pour un tel événement, mais les budgets sont énormes. Money talks [l’argent fait foi de tout] », a sagement rappelé la dame d’expérience.

Chose certaine, le président de l’UCI, David Lappartient, sera présent à Québec pour les mondiaux de vélo de montagne cet été et une rencontre avec l’administration Labeaume est loin d’être exclue.

« Ça pourrait s’imaginer, mais il faut voir si localement il y a un intérêt. Dans un tel cas, ce serait possible de rencontrer les élus de Québec, de Montréal et des gouvernements », a-t-il signalé.

— Avec la collaboration d’Alain Bergeron