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Action collective pour les accros aux opioïdes

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Une demande d’action collective a été déposée contre 27 compagnies pharmaceutiques au nom de milliers de patients devenus accros aux opioïdes après avoir consommé des médicaments prescrits par leur médecin.

« Tout comme le reste du Canada, le Québec fait face à une sérieuse crise des opioïdes », peut-on lire dans le document d’une cinquantaine de pages déposé vendredi en Cour supérieure.

La requête exige que les compagnies visées versent 30 000 $ en dommages et intérêts compensatoires à chacun des membres de l’action collective.

Les avocats demandent également que les compagnies pharmaceutiques soient condamnées à payer chacune 25 millions $ en dommages punitifs qui seraient distribués entre chaque membre du groupe.

Sept ans de dépendance

La patiente à l’origine de la procédure judiciaire préfère demeurer anonyme. Elle estime avoir surmonté beaucoup d’épreuves pour combattre sa dépendance aux opioïdes et ne souhaite pas qu’on lui colle l’étiquette de toxicomane à la peau.

Peu après avoir pris sa retraite d’une université montréalaise, la femme est allée consulter son médecin en raison de douleurs chroniques. Souffrant de polymyalgie rhumatismale, de fibromyalgie et d’arthrose, elle est sortie de chez son médecin avec une prescription d’opioïdes.

Son professionnel de la santé lui avait même dit qu’elle n’avait aucune raison de s’en passer et que ce médicament était la meilleure solution pour traiter sa douleur, selon le document de cour.

Or, son corps se serait habitué aux médicaments et une forte dépendance s’est développée. Sept ans plus tard, elle a dû se rendre dans un centre de désintoxication, dit-elle. À ce point-là, elle n’avait plus le goût de vivre et souffrait d’une grave dépression, est-il allégué dans la poursuite.

Des milliers de patients

Selon la demande d’action collective consultée par Le Journal, plusieurs milliers de personnes seraient dans la même situation que cette patiente.

Pour faire partie du groupe, il faut avoir consommé un ou plusieurs opioïdes, comme du fentanyl, de l’hydrocodone, de l’hydromorphone, de la méthadone, de la morphine ou de l’oxycodone, entre 1996 et aujourd’hui et avoir souffert ou souffrir actuellement d’une dépendance.

« Dans le but d’accroître les ventes de leurs produits dangereux [...], les défendeurs ont délibérément laissé croire que les opioïdes étaient moins addictifs qu’ils ne le savaient », indique le document.

Selon un rapport émis le mois passé par l’Agence de santé publique du Canada, les opioïdes sont responsables de plus de 10 000 morts entre 2016 et septembre 2018.

À ce stade des procédures, les personnes concernées n’ont pas encore besoin de se manifester. Avant d’aller de l’avant, la demande d’action collective devra être examinée par un juge qui devra déterminer si elle semble bien fondée ou non.