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Alpinistes morts sur l’Everest: «Aucun humain ne peut vivre à cette altitude-là» – Bernard Voyer

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Il y a 20 ans, Bernard Voyer atteignait le sommet de l’Everest. Deux décennies plus tard, l’explorateur est troublé par ce qui se passe sur le toit du monde.

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Depuis le début de la saison, 8 alpinistes ont péri sur l’Everest, complètement congestionné, où se forment de nombreux embouteillages mortels. 

Des photos impressionnantes ont montré, ces derniers jours, une longue queue d’alpinistes emmitouflés piétinant sur l’arête située entre la cime et le col Sud, où se trouve l’ultime campement du versant népalais. 

«C’est terrible. Juste à voir la photo, j’ai peur», a confié M. Voyer, vendredi, en entrevue avec Mario Dumont. Alors que 200 personnes sont visibles sur ces photos, Bernard Voyer était dans un groupe de seulement 11 alpinistes lorsqu’il est parvenu au sommet de l’Everest. 

L’explorateur sait dans quelles conditions extrêmement difficiles se trouvent les alpinistes qui tentent d’atteindre le sommet. 

Et ces alpinistes sont pourtant à seulement 100 mètres de leur but. «Cent mètres, si vous êtes en forme et expérimenté, ça va vous prendre une heure», a expliqué l’alpiniste. 

Les 8 alpinistes qui ont succombé à l’Everest dans les derniers jours ne sont pas morts d’une avalanche. À cette altitude, c’est impossible. Ils ne sont pas morts d’une chute dans le vide non plus. 

«Les alpinistes meurent d’épuisement. À ces altitudes extrêmes, le manque d’oxygène fait qu’on commence à mourir. Vous voulez faire le sommet, essayez de faire ça vite», a soutenu Bernard Voyer. 

«Il n’y a aucun humain qui peut vivre à cette altitude-là», a-t-il ajouté. 

Fort populaire, l’ascension de la montagne est devenue «presque suicidaire», selon l’explorateur. Comme se rendre au sommet demande plus de temps aux alpinistes, ils restent plus longtemps, voire trop longtemps, dans la «zone de la mort», au péril de leur vie. 

«Même si le Népal doublait le prix des permis, il y aurait autant de monde. C’est le pouvoir de l’Everest», a estimé l’alpiniste.