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La réfection de vieux trains fait cafouiller VIA Rail et Bombardier

La réparation de voitures des années 1940 et 1950 risque de nous coûter plus cher

En avril 2018, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau (photo), a annoncé l’octroi à Bombardier et à CAD Industries ferroviaires de deux contrats totalisant 100 millions de dollars pour la réfection de 42 voitures de train datant de plus de 65 ans.
Photo Chantal Poirier En avril 2018, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau (photo), a annoncé l’octroi à Bombardier et à CAD Industries ferroviaires de deux contrats totalisant 100 millions de dollars pour la réfection de 42 voitures de train datant de plus de 65 ans.

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VIA Rail, Bombardier et une entreprise de Montréal ont mal évalué l’ampleur du travail à faire pour mettre à niveau des voitures datant de plus de 65 ans, de sorte que la facture de 100 millions $ risque de grimper.

« Disons que les voitures sont plus maganées qu’on pensait », affirme Claude Michaud, président du syndicat des employés de l’usine de Bombardier Transport à La Pocatière.

« C’est au niveau structurel, le frame », précise M. Michaud.

« Bon, les voitures sont âgées et veut, veut pas, c’est sûr que quand tu ouvres le capot, tu réalises qu’il y a peut-être des choses qui n’étaient pas... des fois c’est plus détérioré que tu pensais », confirme Kaven Delarosbil, porte-parole de Bombardier Transport.

Cela fait pourtant plus d’un an que VIA a octroyé à la multinationale québécoise un contrat de 54 millions $ pour moderniser 17 voitures et un autre de 46 millions $ à la firme montréalaise CAD Industries ferroviaires pour la réfection de 25 voitures.

« Les ingénieurs de Bombardier et de VIA Rail travaillent actuellement à analyser la situation. Dans l’intervalle, les parties ont simplement convenu qu’il était préférable de suspendre les travaux de rénovation le temps de poser le bon diagnostic », indique Mariam Diaby, porte-parole de la société d’État fédérale.

« Un défi en soi »

« La rénovation de voitures qui datent des années 50 est un défi en soi, poursuit une autre porte-parole de VIA, Marie-Anna Murat. En cours de route, nous avons effectivement rencontré des imprévus qui nécessitent plus de temps que ce qui était planifié initialement. »

Claude Michaud est convaincu que les travailleurs de Bombardier seront en mesure d’accomplir la tâche.

« Il y a toujours moyen, les gens ici sont quand même assez qualifiés, note-t-il. [...] Mais à quel prix, je ne le sais pas. »

M. Delarosbil refuse toutefois de s’avancer sur une révision à la hausse de la valeur du contrat accordé à Bombardier.

« Je ne peux pas dire que ça va coûter plus ou moins cher », dit-il.

C’est le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, qui avait annoncé les contrats à Bombardier et à CAD en avril 2018. À l’époque, l’usine de La Pocatière s’apprêtait à manquer de travail à cause de la fin du contrat des voitures du métro de Montréal. Depuis, Québec a confié au consortium Bombardier-Alstom le mandat de construire 153 autres voitures de métro pour 448 millions $.

Deux fois plus cher

Ce n’est pas la première fois que VIA Rail connaît des ratés de cette nature. En 2016, le vérificateur général a révélé que la remise à neuf des voitures LRC, construites par Bombardier dans les années 1980, a coûté 2 M$ l’unité, soit deux fois plus que prévu.

Ces trains seront finalement remplacés par 32 rames qui seront produites par le géant allemand Siemens en Californie au coût de près de 1 milliard $.

Réfection de voitures de VIA Rail construites de 1946 à 1955

  • Bombardier (La Pocatière) : 17 voitures : 54 M$
  • CAD (Montréal) : 25 voitures : 46 M$
  • VIA Rail (Montréal) : 33 voitures : 38 M$
  • Rail GD (New Richmond) : 4 voitures-restaurants : 16 M$

TOTAL : 79 voitures 154 M$