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Mauvaise herbe pour sauver des monarques

L’asclépiade est la seule nourriture des chenilles

Photos Fondation David Suzuki et courtoisie
Photos courtoisie, Fondation David Suzuki L’asclépiade, une plante essentielle au monarque, car c’est la nourriture exclusive des chenilles.

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Une municipalité du Bas-Saint-Laurent redonnera ses lettres de noblesse à l’asclépiade, une plante considérée comme une mauvaise herbe, mais essentielle à la survie du monarque.

Depuis juin 2017 au Québec, 40 municipalités, dont Saint-Jean-de-Dieu près de Trois-Pistoles, sont devenues des Villes amie des monarques, en prenant quelques engagements pour protéger cette espèce de papillon dont la population a chuté de 90 % au cours des deux dernières décennies, selon la Fondation David Suzuki.

La population de monarques a chuté de 90 % au cours des deux dernières décennies.
Photo courtoisie
La population de monarques a chuté de 90 % au cours des deux dernières décennies.

Ne pas enlever

Arrêter de tondre cette plante ou permettre aux résidents d’en avoir sur leurs terrains en retirant l’interdiction de l’utiliser dans des aménagements paysagers figurent parmi les mesures de protection de l’espèce.

« La plante se propage assez rapidement et c’est invasif, donc c’est considéré comme de la mauvaise herbe. Les gens voulaient s’en débarrasser. Un des engagements proposés, c’est justement d’enlever cette plante-là comme étant une mauvaise herbe dans les plans d’aménagement. C’est une très belle fleur », dit Philippe Gilbert, agent de développement socio-économique pour Saint-Jean-de-Dieu. L’étape suivante sera d’en fournir à la population.

Saint-Jean-de-Dieu est la première municipalité à l’est de Québec, sur la rive sud, à obtenir ce titre. Il existe dans cette région une filière de la Coop Monark, qui travaille à développer la culture d’asclépiade. La plante a un rôle important à jouer pour la survie de ce papillon.

« Le monarque pond ses œufs sur le plant et la chenille se nourrit du feuillage. Le papillon lui ne butine pas juste sur les fleurs d’asclépiade, il se promène un peu partout », indique Nicole Pouliot, qui fait pousser la plante sur 15 hectares à la Ferme Jalico.

Perte d’habitats

Pour expliquer la chute de population du papillon, les scientifiques attribuent ce déclin à la dégradation et à la perte d’habitats de reproduction.

« On ne peut pas dire que le papillon monarque est plus important que d’autres pollinisateurs, c’est juste que ça fait partie du château de cartes de la biodiversité, on enlève des espèces à un rythme effréné et à un moment, en enlevant une carte de plus, ça va finir par s’effondrer », ajoute Julie Roy, responsable de la mobilisation citoyenne à la Fondation David Suzuki.

Saint-Jean-de-Dieu veut, par sa décision, inciter d’autres municipalités à participer à la sauvegarde du monarque.

«C’est pour la protection d’un papillon, oui . Mais c’est aussi pour inciter les autres municipalités à créer un engouement », conclut Philippe Gilbert.