/opinion/columnists
Navigation

Pas libres d’être libres

Leila Lesbet et Diane Guilbault de l’organisme Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec) ont défendu le PL 21 à Québec.
Photo capture d’écran TVA Nouvelles Leila Lesbet et Diane Guilbault de l’organisme Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec) ont défendu le PL 21 à Québec.

Coup d'oeil sur cet article

La profondeur de la bêtise et l’épaisseur de l’aveuglement des islamo-gauchistes seraient-elles sans limites ?

À entendre les promoteurs de l’oppression inversée, l’Occident, qui travaille sur la démocratie depuis l’Antiquité, serait un plus grand ennemi de la liberté que les dictatures saoudienne, iranienne, syrienne, ou égyptienne et autres hauts lieux des libertés individuelles qui pendent, torturent, mutilent, fouettent et enferment ces dangereux criminels de la pensée que sont les amoureux de la liberté. Y compris des femmes.

Le blogueur Raif Badawi est en prison en Arabie saoudite. Sa sœur aussi a été emprisonnée. N’est-ce pas beau l’égalité des sexes, modèle saoudien ?

Les pays musulmans ne sont pas aussi répressifs que l’Arabie saoudite, mais aucun n’apparaît dans la liste des pleines démocraties du Democracy Index.

Comment appréhender la liberté quand on vient d’un pays ou d’une culture qui n’en sait rien ?

Combien de libertés ?

J’ai lu hier dans le média en ligne Ricochet, organe de cette nouvelle gauche plus intéressée par les minorités religieuses et sexuelles que par les pauvres et la classe ouvrière, une lettre ouverte contre le PL 21 dont un paragraphe m’a laissée sans voix. Selon les signataires, trop de féministes en faveur du projet de loi 21 auraient été invitées à témoigner en commission parlementaire et pas assez de femmes voilées.

Le punch est à la fin.

« En accordant la priorité à leur perspective lors des audiences sur le projet de loi 21, le gouvernement offre une plateforme aux groupes qui instrumentalisent le langage du droit des femmes pour faire avancer des programmes politiques qui remettent en question l’engagement fondamental des féministes à défendre l’autonomie des femmes à faire leurs propres choix quant à leur corps, leur tenue vestimentaire et leur conception de la liberté. » (mes italiques)

Si je comprends bien le message de cette lettre ouverte, dont la pauvreté intellectuelle porte ombrage aux universitaires qui l’ont signée, à chaque culture sa conception de la liberté.

J’ai lu les grandes auteures féministes de mon époque, de Beauvoir, Dworkin, Greer, Steinem, Badinter, Veil, Paglia, Faludi, etc., mais je n’ai jamais vu nulle part que le féminisme admet l’existence de conceptions concurrentes de la liberté.

Être libre, c’est comme être enceinte : impossible à moitié. La quête de liberté, qui ne ressemble à aucune autre dans l’histoire de l’humanité, joue un rôle concrètement émancipateur dans la vie des femmes.

Insultant

Justifier la répression des femmes par un hypothétique « consentement » à être contrôlées, reposant sur une « autre » conception de la liberté, est un affront à toutes celles qui se sont battues pour leur liberté et la liberté de toutes les femmes.

Soyons clairs : il ne sera jamais normal qu’une femme soit maltraitée parce qu’un texte religieux le permet. Les vêtements pudiques contraignants, inconfortables et humiliants, ce qui comprend la perruque, qu’on porte pour plaire à un dieu, ne sont pas des symboles de liberté, mais de soumission et de conformisme.

Affirmer le contraire démontre que certaines femmes ont internalisé le discours religieux au point de justifier ce qui les efface.