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Résidence pour aînés: excédée par les nombreux travaux, elle ferme son établissement

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BÉCANCOUR | Excédée par les nombreux travaux de conformité exigés par le gouvernement, la propriétaire d'une résidence pour aînés de Bécancour, dans le Centre-du-Québec, lance la serviette.

Nancy Filteau aurait dû injecter entre 50 000 $ et 100 000 $ pour faire en sorte que son bâtiment se conforme aux nouvelles normes.

«Ça n'arrête jamais. Des portes vitrées, des [serrures] de porte spéciales, des murs coupe-feu. Les frais sont très élevés. Ici, c'est une petite résidence. Je suis ici la nuit, je fais des rondes. Je me couche à minuit et à 2 h, 4 h et 6 h je me lève pour faire des rondes. Ensuite, la journée commence. Je fais les déjeuners, la comptabilité, l'entretien...Tout tout tout», a raconté Mme Filteau.

Les aînés s'y sentent comme dans une famille.

Elle a tenté de vendre, mais sans succès. Depuis un an, personne ne s’est manifesté pour occuper l’une des trois chambres disponibles.

«Ce n'est plus vendable, car les institutions financières exigent 50 % de mise de fonds. Pour ce qui est des clients, je les comprends de ne pas vouloir venir... Toutes les petites résidences ferment une par une. Qui va faire confiance à une petite résidence quand ça pourrait fermer dans quelques mois?» a demandé Mme Filteau.

Fermeture définitive en juillet

Elle a accompagné chacun de ses résidents. Tout le monde a déjà un nouveau foyer. Mais le gouvernement pourrait maintenant la mettre à l’amende parce qu’elle n’a pas donné de préavis de six mois à ses locataires.

«C'est ridicule. Elle ne mérite pas ça! On dirait qu'ils veulent se servir d'elle pour donner un exemple à tout le Québec», a ragé Doris Côté, une résidente des cinq dernières années interviewée vendredi par TVA Nouvelles.

Ses compagnons de vie abondaient dans le même sens.

«On s'est replacés très rapidement et on a eu de l'aide. Pourquoi exiger six mois? On n’en a pas eu besoin», a ajouté Marie-Ange Saint-Louis.

Même s’ils ont déjà trouvé leur nouveau logis, les huit résidents ont choisi d'y rester jusqu’au 1er juillet, en soutien à leur propriétaire qui devra elle aussi se trouver un nouvel emploi.

«Même si je ferme, l'hypothèque, l'hydro et l'assurance devront quand même se payer. Je perds tout. Si je ne réussis pas à vendre, je devrai démolir pour tenter de vendre au moins le terrain. C'est gros, c'est lourd. Et maintenant on menace de m'envoyer la police? M'arrêter pourquoi? Qu'est-ce que j'ai fait de mal? J'ai toujours bien traité mes résidents», a-t-elle lancé, la voix brisée par l'émotion.