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Écrasement d’un avion: le prof et son élève n’ont eu aucune chance

On ne sait toujours pas qui était aux commandes de l’appareil à ce moment

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Photo Agence QMI, Pascal Girard L’appareil avec lequel les deux hommes de Lanaudière se sont écrasés a été retrouvé tout près du centre d’où ils avaient décollé.

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L’écrasement survenu à proximité de la piste de décollage d’un centre aérorécréatif de l’est de Lanaudière, vendredi soir, n’a laissé aucune chance à deux hommes après une perte de contrôle.

Le professeur Norbert St-Onge, 54 ans, et son élève Mario Baril, 40 ans, venaient de décoller du centre aérorécréatif de ULM Québec, à Saint-Cuthbert, lorsque le drame s’est produit.

Les conditions semblaient pourtant parfaites pour un vol devant un coucher de soleil, peu avant 20 h près de Berthierville.

Perte de contrôle

« C’est une perte de contrôle à la suite du décollage qui a mené à un impact au sol », a avancé samedi Chris Kpreski, porte-parole du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), avec les premières informations que son équipe a pu recueillir.

On ne sait pas pour le moment qui était aux commandes.

L’appareil a été trouvé tout près de la piste de décollage dans un champ. La carcasse du motorisé ultraléger pendulaire DTA voyageur II 912S à deux places laissait présager le pire aux services d’urgence. L’aéronef appartiendrait à l’école de pilotage, selon nos informations.

Mario Baril, résident de Saint-Damien, et Norbert St-Onge, résident de L’Assomption, ont péri lors de la collision dans le secteur du Grand Rang Sainte-Catherine. M. St-Onge était un pilote d’expérience connu du milieu.

« C’était un homme très, très minutieux, et connaisseur en mécanique », se remémore Bernard Rouer, chef instructeur d’Aviation Rou-Air.

Le BST a avancé qu’il s’agissait d’un vol de formation, « avec un instructeur et un élève-pilote à bord ».

Dans ce type de planeur, l’instructeur siège derrière son élève, mais il est toutefois muni de guides pour reprendre le contrôle en cas de problème.

Analyse en profondeur

« Ils vont regarder dans quel état est l’appareil. Une carcasse donne toujours beaucoup d’informations à un enquêteur chevronné. On devrait être en mesure de déterminer ce qui est arrivé de manière assez précise », a expliqué l’expert en aviation civile Jean Lapointe.

Le moteur sera analysé en profondeur par les experts du BST, qui ont pris en charge l’enquête.

Le fondateur de ULM Québec, Guillaume Narbonne, a préféré ne pas commenter l’événement, tout comme les familles des défunts.

 

– Avec la collaboration d’Amélie St-Yves, de l’Agence QMI et de TVA Nouvelles

L’erreur humaine priorisée parmi les hypothèses

Les experts en aviation s’expliquent mal ce qui a pu générer le tragique écrasement de vendredi soir, à Saint-Cuthbert, près de Berthierville, mais l’hypothèse de l’erreur humaine serait la plus probable.

« C’est sûr que c’est une erreur de pilotage ou un malaise, explique Bernard Rouer, chef instructeur d’Aviation Rou-Air, qui cumule plus de 14 000 heures de vol. Même s’il y avait eu un bris de moteur ou un manque d’essence, ce sont des appareils faits pour planer. Ils auraient eu le temps d’atterrir à proximité. »

« Quand on regarde dans quel état était l’appareil, je peux garantir que ce n’est pas parce qu’ils ont tenté de se poser en douceur », continue-t-il.

Un bijou de fiabilité

L’expert qualifie le motorisé pendulaire DTA voyageur II 912S à deux places d’appareil « extrêmement stable ».

« C’est impossible qu’un DTA parte en vrille, précise-t-il. Pour les aviateurs, ce sont des bijoux de fiabilité incroyable. »

Selon lui, les circonstances du drame ne se résument pas en une seule cause.

« Les accidents comme celui-là, ce n’est jamais une raison isolée. C’est une séquence de trois. Par exemple un bris, une panique et une perte de contrôle », décortique M. Rouer.

Ce dernier a connu son lot de problèmes en cours de vol, mais aucun n’a mis sa vie en danger, à une exception près, et ce n’était pas un bris.

« J’ai eu 14 bris de moteur. Dans ces cas, il faut simplement garder en tête de sauver l’appareil pour se garder en vie. La seule fois où j’ai eu peur, c’est un élève qui m’a agrippé, pris de panique. On n’est jamais à l’abri de ça, même si c’est l’instructeur qui pilote. »

Très peu d’accidents

Le vol d’ultra-léger n’est pas pour autant du sport extrême, rajoute Denis Anctil, propriétaire de l’école ULP Aviation.

« Il y a très peu d’accidents. C’est très simple à faire voler, dit-il. D’habitude, c’est plus lors de l’atterrissage qu’il y a des incidents, pas après un décollage. Au Québec, je pense que c’est la première fois que je vois un accident avec un instructeur à bord d’un DTA. »

Un bris de moteur ou de structure faisait-il partie de l’équation ? Les spécialistes n’en savent toujours rien.

Mais les deux s’entendent pour dire que l’école d’aviation ULM Québec est bien structurée. Dix heures de vol en sont nécessaires au pays pour piloter en solo avec ce type d’appareil. La plupart des apprentis se rendent à 25 heures accompagnées, avant de passer à l’action.