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Le ministre Roberge veut obliger les profs à se former, comme en Ontario

Leur donner le choix de leur formation permettra de valoriser la profession, selon le ministre

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 Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, veut obliger les enseignants à se perfectionner tout au long de leur carrière, comme en Ontario. 

 Le ministre Roberge conclut vendredi une mission de deux jours à Toronto au cours de laquelle il s’est intéressé à l’implantation de classes de maternelle 4 ans, mais aussi à différentes réalités entourant la profession enseignante, a-t-il précisé au cours d’un entretien avec Le Journal

 Contrairement au Québec, la formation continue des enseignants est obligatoire en Ontario et il s’agit d’une avenue prometteuse, selon le ministre. 

 «Oui, c’est quelque chose qui nous intéresse, ça sera quelque chose qu’on ne va pas imposer unilatéralement, qui va faire partie de la prochaine négociation», a affirmé M. Roberge, tout en précisant que la «très très grande majorité» des enseignants suivent déjà de la formation continue sur une base volontaire. 

 «L’idée de cibler un nombre de jours à utiliser pour faire de la formation continue par année, c’est quelque chose qui m’intéresse, mais en contrepartie, de leur donner plus d’autonomie professionnelle pour cette formation-là, c’est nécessaire. L’idée, ce n’est pas de contraindre la profession, c’est de la reconnaître et de la valoriser», a-t-il ajouté. 

 M. Roberge affirme par ailleurs qu’«une des clés» qui a permis à l’Ontario de« valoriser et de reconnaître la profession enseignante» est de permettre aux profs de choisir le contenu de leur perfectionnement et de les impliquer davantage dans cette formation. 

 « Il y a beaucoup d’enseignants qui servent de mentors ou d’experts et qui collaborent avec d’autres enseignants pour partager les bonnes pratiques. Je pense que c’est quelque chose qu’il faut vraiment répliquer chez nous pour valoriser et reconnaître la profession enseignante», a-t-il précisé. 

 M. Roberge reprend ainsi des idées qu’il défendait dans l’opposition. Son Plan de valorisation de la profession enseignante, dévoilé en mai 2018, prévoit la création de postes d’enseignants «experts et émérites» qui agiraient comme conseillers pédagogiques dans les écoles de même que l’obligation pour tous les enseignants de se perfectionner chaque année. 

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 Maternelle 4 ans 

 Quant aux maternelles 4 ans, le ministre Roberge constate que le réseau de l’éducation ontarien a dû faire face aux mêmes défis de recrutement et d’ajout d’espace lorsque le gouvernement de Dalton McGuinty a décidé d’offrir la maternelle 4 ans à tous les enfants, à partir de 2010. 

 Le déploiement s’est fait sur cinq ans et aujourd’hui, la quasi-totalité des enfants de quatre ans fréquente l’école à temps plein. Il n’existe toutefois pas de services de garde publics en Ontario comparables au réseau des centres de la petite enfance au Québec. 

 Le ministre Roberge rétorque de son côté que ce serait «une erreur» de penser «qu’on va copier-coller le réseau ontarien au Québec». 

 «Ce n’est pas du tout mon ambition», a-t-il lancé, tout en rappelant que l’objectif du gouvernement Legault est que 50% des enfants de 4 ans fréquentent la maternelle à temps plein d’ici cinq ans. 

 Il retient de son passage dans la province voisine «la grande complémentarité des rôles» entre enseignante et éducatrice, qui se côtoient à temps plein dans des classes pouvant accueillir en moyenne 26 enfants. 

 «C’est un duo de feu», a lancé M. Roberge, qui prévoit de son côté que l’enseignante de maternelle soit épaulée par une éducatrice à mi-temps, dans des groupes pouvant aller jusqu’à 17 enfants. 

 Le nombre élevé d’enfants dans les classes de maternelle en Ontario est d’ailleurs «trop grand», selon le ministre.