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L’été des records personnels

Running in city
Photo Fotolia Performer en course à pied exige de la patience, de la constance… et de la retenue. Pour une seule course spectaculaire, des dizaines et des dizaines d’entraînements sans artifices.

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Mettre un pied devant l’autre, puis recommencer. Rien n’est en apparence plus simple que courir ! Si on veut performer, c’est toutefois une autre paire de manches. On a demandé à trois entraîneurs de course à pied de Montréal de nous offrir quelques conseils pour que cet été devienne celui de vos records personnels.

« On vit dans une époque où on aspire au succès immédiat et où on vise à dépasser ses limites, chaque jour. La course exige pourtant de la patience... et de la retenue ! », dit Jean-François Martel, entraîneur du club les Vainqueurs.

Ralentir au quotidien

S’améliorer n’implique ainsi pas de se défoncer sur le bitume jour après jour, bien au contraire. Tenter de « battre son temps » sur un 5 km à chaque entraînement ne mène pas à un record personnel sur la distance quelques semaines plus tard. Au mieux, une motivation essoufflée. Au pire, une blessure handicapante.

L’entraîneur met ainsi en garde contre l’erreur classique de vouloir en faire trop, trop souvent : « C’est très bénéfique, mentalement et physiquement, de finir une séance d’entraînement avec le sentiment d’avoir pu en donner davantage. Même les coureurs élites font beaucoup de kilométrage à basse intensité », explique Jean-François Martel. Le but du jeu ce n’est pas d’être systématiquement vidé... puisqu’il faudra recommencer demain !

Entraîner sa patience

Un Vo2max ne se travaille pas en dix jours ouvrables. Pour performer, il faut se laisser le temps d’améliorer graduellement ses qualités physiques, ainsi que de se reposer avant le jour J ! « Constante et patience, c’est la clé pour récolter le fruit de notre travail », dit Jean-François Martel.

Janvier C, entraîneur-chef du club des coureurs Boréale propose de prévoir au moins dix semaines de préparatifs avant son objectif de course, voire douze et seize selon la distance préconisée et sa forme actuelle. « Il faut ensuite avoir confiance en son plan d’entraînement et le faire jusqu’au bout. Si on fait la girouette et on change les fondements d’un plan trop souvent, on n’aboutira nulle part », complète l’entraîneur du club des Vainqueurs.

Pierre Léveillé du club de course Endurance considère la constance et la persévérance comme les bases du succès, que l’on vise une maximisation du plaisir ou de la performance. « Il vaut mieux suivre un plan réaliste qui tient compte de nos contraintes que de voir trop grand, puis de le faire à moitié », ajoute l’entraîneur. Un « à quoi bon ? » nous guetterait autrement à chaque petite difficulté.

Attention: constance ne rimerait pas avec entêtement! Vouloir suivre un plan à la lettre, c’est bien. L’adapter selon ses sensations, sous les gouvernes d’un entraîneur attentif, c’est encore mieux, selon Pierre Léveillé.

Choisir le bon défi, et les autres

La patience a sa place dans la sélection des objectifs : viser les 42,2 km avec deux mois d’expérience de course dans les jambes n’est pas souhaitable, même si le voisin l’a déjà fait (en a-t-il seulement refait un depuis ?).

Et même si on est fervent des étiquettes, que ce soit celle de « marathonien » ou de « demi-marathonien », il est toujours intéressant de varier les distances en compétition, selon l’entraîneur des Vainqueurs : « On s’offre alors une belle variété d’entraînements, qui fournit au bout du compte des résultats. En plus de briser la routine (et l’ennui), s’offrir des distances plus courtes offre des sensations de vitesse intéressantes et fait travailler le corps différemment. »

Quelqu’un qui aimerait faire un record personnel sur un 5 km cet été pourrait par exemple s’inscrire à un 10 km dans un premier temps, puis un 2 km, comme progression jusqu’à son objectif principal. Encore là, il n’est pas question d’en faire plus, voire

trop : une course par mois (au maximum) est recommandée. « Avant chaque course, il faut éviter de trop en faire ! Mieux vaut en faire moins que plus afin d’arriver reposé sur la ligne de départ », ajoute l’entraîneur du club Boréale.

Trop de courses trop souvent, laisse ainsi peu d’espace pour d’autres entraînements de qualité, sachant qu’il faut se reposer avant l’événement, puis après, et que les semaines ont sept jours pour tout le monde.

Des courses « rapides »

Ce n’est pas tricher que de s’aider à établir un nouveau record personnel en choisissant une épreuve considérée comme rapide. On ne peut quand même pas espérer enchaîner ses meilleurs « splits » à vie dans un parcours affichant un dénivelé positif de 3000 mètres ! Voici quelques courses québécoises réputées pour livrer de bon temps :

  • 5 km | le 5 km Endurance
  • 10 km | la Descente Royale à Québec ou la Classique du parc Lafontaine
  • Demi-marathon | Le demi-marathon de Lévis et le 21 K Banque Scotia à Montréal
  • Marathon | Le Marathon du P’tit Train du Nord et le Marathon d’Ottawa chez nos voisins ontariens