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Que faire de Vincent Lambert?

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Le progrès médical est certainement une des plus grandes conquêtes de l’humanité. Grâce à lui, nous vivons mieux, en meilleur état, et plus longtemps. Comment s’en désoler ? Et surtout, pourquoi ? C’est une grâce d’en profiter.

Mais le progrès médical s’accompagne aussi de questions éthiques nouvelles, qui ne sont pas simples à trancher. On peut le voir ces jours-ci en France avec l’affaire Vincent Lambert, un jeune homme qui, suite à un accident terrible il y a plusieurs années déjà, est condamné à une existence végétative.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

France

Son cas est devenu une affaire nationale.

La famille est divisée sur son sort. Les uns considèrent qu’une vie comme la sienne n’est plus une vie. Qu’il s’agit même d’une condamnation au néant. Ils souhaitent que l’on cesse les soins, pour délivrer Vincent Lambert de son calvaire et lui permettre enfin de mourir dans la dignité.

Mais ce point de vue ne fait pas l’unanimité. D’autres rappellent que Vincent Lambert peut manger. Cesser les soins, dans les circonstances, ne consisterait pas simplement à le débrancher d’une machine, mais à le condamner à mourir de faim et de soif. Car c’est ce qui arrive lorsqu’on cesse de nourrir et de faire boire un être humain.

Leur conclusion est simple : pour peu qu’on parle clairement, il s’agirait d’une mise à mort. Ils ajoutent qu’une société est humaine dans la mesure où elle est capable de se soucier des plus faibles.

Il n’est pas aisé, dans ce contexte, de se faire une tête. Je n’ai pas l’espace dans cette chronique pour trancher.

Désarroi

Mais une telle histoire nous ramène à une question philosophique : dans quelle mesure la vie vaut-elle la peine d’être vécue ? Que faire devant une existence qui ne semble plus avoir de sens ? Avons-nous le droit, comme société, de l’interrompre ?

Devant ces questions déchirantes, comment ne pas confesser son désarroi ?