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Une majorité d’incidents haineux non rapportés, selon une étude

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Les crimes et incidents haineux, comme celui survenu samedi à Québec, seraient jusqu’à 50 fois plus répandus que le portrait dépeint par les statistiques officielles, puisque la grande majorité des incidents ne sont pas déclarés à la police, selon une vaste enquête sur le sujet.

Le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) a réalisé, par le biais de la firme Vox Pop Labs, une enquête auprès de 1843 Québécois à l’été 2017.

Les données ont été pondérées de manière à les rapprocher d’un échantillon représentatif de la population réelle du Québec et ses résultats seront présentés dans le cadre du congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), qui se déroulera cette semaine à Gatineau.

Au cours des trois dernières années, 0,7 % des répondants – ce qui représente à l’échelle provinciale environ 48 000 adultes – affirment avoir été victimes d’un crime haineux, alors que cette proportion grimpe à 2,9 % pour les incidents haineux.

Au cours de la même période, 855 crimes haineux ont été rapportés aux autorités policières québécoises.

Peu étonnant

Benjamin Ducol, responsable de la recherche au CPRMV, n’est pas étonné d’un tel écart. «C’est assez normal parce que les gens vont rapporter à la police les actes haineux qui sont les plus graves, mais pas les incidents plus mineurs», affirme-t-il.

Ce dernier trace par ailleurs un parallèle avec les agressions sexuelles, dont une très grande proportion n’est jamais rapportée à la police.

Selon les résultats de cette enquête, les actes haineux ne sont toutefois pas plus élevés au Québec qu’ailleurs, ajoute M. Ducol.