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Bouffonnerie ou trait de génie?

GEN-FTQ MANIFESTATION CONTRE TRANS MOUNTAIN DE KINDER MORGAN
Photo d'archives, Agence QMI

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Dominic Champagne, leader du pacte pour la transition, se présente au conseil général de la CAQ, à titre de membre et de paneliste, dans une rencontre qui porte essentiellement sur l’environnement. QS publie une lettre ouverte à l’intention des militants de la CAQ à la veille de leur conseil général pour leur insuffler ses prétentions vertes. Dehors, les jeunes font le pied de grue pour espérer rencontrer le premier ministre et lui faire part de leurs inquiétudes pour l’avenir de la planète. En bout de course, c’est la sourde oreille qui aura le dernier mot.

N’importe quel observateur, qui suit un tant soit peu la politique québécoise, pouvait prédire que la CAQ demeurerait timorée dans ses propositions sur l’environnement durant son grand rassemblement. Elle s’affairait surtout à soigner les apparences pour un électorat devenu plus sensible aux enjeux environnementaux, tout en se gardant bien de ne pas s’aliéner sa propre base électorale qui privilégie un développement économique sans contrainte étatique avec moins d’impôts ou de taxes. Le gouvernement préfère encore croire en des projets qui ont une forte incidence sur l’émission de GES comme le troisième lien à Québec, le transport de gaz vers Saguenay ou la construction d’une usine d’urée plutôt que de taxer la pollution, optimiser les énergies propres et prendre résolument parti pour le transport en commun.

Est-ce que le jeu en valait la chandelle pour Dominic Champagne de se prêter à la simili démocratie du conseil général de la CAQ après qu’on l’ait préalablement menotté dans ses interventions et limité dans ses influences? Le parti de François Legault gagne-t-il en notoriété dans cette aventure où il a ouvert la porte au champion du moment dans la défense environnementale pour faire semblant de l’écouter? Dominic Champagne perd-il en crédibilité en ayant adhéré à un parti dont l’environnement n’est pas la tasse de thé? Les questions se posent même si on sait que le metteur en scène et artiste n’a pas de véritables filiations partisanes et qu’il voudrait porter les couleurs de tous les partis s’il se présentait lui-même à une élection. Chose certaine, Dominic Champagne a fait dans l’innovation et on ne saurait lui reprocher sa détermination. L’avenir nous dira si ce fut génial!

Quant à QS, il a fait une de fois de plus dans la bouffonnerie pour capter l’attention médiatique en exposant ses prétentions environnementales sous forme d’une lettre aux militants caquistes en sachant pertinemment qu’elle serait nulle et sans effet dans leur délibération. Pour un parti qui se caractérise par le sans-gêne et le manque de civilité, cela n’a rien pour surprendre en sachant leur sentiment de détenir la voie et la vérité en tout. Tant qu’à vouloir influencer les instances de la CAQ, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois auraient pu adhérer à ce parti et faire comme Champagne en devenant participant à leur conseil général. Le ridicule ne tue pas!

Finalement, c’est peut-être les jeunes qui ont raison en manifestant leur opposition aux politiques de développement sauvage dans la rue sans autre partisannerie que la préservation de la planète et de leur avenir. Monsieur Legault craint l’émergence d’un mouvement comme les Gilets jaunes en France en haussant les taxes. Il dénote une certaine peur de la rue et des mouvements sociaux que jeunes et moins jeunes auraient bon vent d’exploiter pour ramener un peu de bon sens dans l’activité humaine avant que nous ayons terminé de nous autodétruire!