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«Eille Mo’, une p’tite frette?»

a curious man looks over a garden fence
Photo Adobe Stock Le vivre-ensemble, ce n’est pas sorcier. Il faut de l’ouverture et une p’tite frette.

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Pourquoi tant de Québécois craignent-ils autant l’islam et les musulmans ? Je blâme l’exécrable gestion des accommodements raisonnables par les libéraux, l’éducation et la pauvreté culturelle.

D’autres accusent des chroniqueurs de faire peur à la population.

Vendredi, une bombe artisanale a explosé à Lyon, faisant une dizaine de blessés. La police française étudie la possibilité d’une attaque terroriste. Voilà ce qui fait peur, pas les chroniques de Lise Ravary, Richard Martineau ou Mathieu Bock-Côté.

J’en ai jusque-là de ces procès d’intention instruits par des bien-pensants visqueux qui encensent toutes les minorités, sauf celle à laquelle ils appartiennent.

La peur

Avoir peur du terrorisme, rien de plus normal ; la terreur sert à terroriser, mais contrer le terrorisme, c’est l’affaire de l’État. Pas de groupes d’extrême droite, défenseurs hargneux de l’identité québécoise et de l’extrême gauche antifasciste, qui nous font honte.

Le débat surréaliste sur le projet de loi 21 indique aussi que plusieurs immigrants, et pas seulement des musulmans, comprennent mal le Québec et ses différences d’avec le reste du Canada. Je suis tombée sur un fil Twitter hier d’un immigrant, un ingénieur, qui expliquait pourquoi il ne veut pas s’intégrer à la société québécoise, notamment à cause de l’athéisme, de l’absence de moralité, du matérialisme et du racisme.

Les fausses impressions existent partout. Il y a peu d’endroits aussi sympas que le Québec. Une société paisible et accueillante pour quiconque veut s’y joindre, en français, une vie culturelle vivante, des gens simples et pragmatiques, un peuple chaleureux qui aime la famille, la fête et flasher pour le fun.

Parfois, l’ignorance distille de l’intolérance chez certains, mais pas chez la majorité.

Expérience

Voici comment pourrait se passer une première rencontre entre Marcel, un Québécois pure laine, et son nouveau voisin « nouvelle laine », Mohammed. Quand Marcel apprend qu’il aura un Arabe (en fait, un Kabyle) comme voisin, Marcel chiale en privé, mais quand il croise Mohammed dans la rue, il lui sourit, plus timide qu’hypocrite.

Un samedi, les deux voisins se mettent à jaser par-delà la clôture. Les préjugés de Marcel s’effritent. Il voit bien que Mohammed veut connaître son voisinage et faire sa place dans ce nouveau pays. Il ne veut pas imposer quoi que ce soit.

La nature bon enfant de Marcel ressort rapidement :

– « Eille Mo’, une p’tite frette avec moi ? »

– « Tu es bien gentil Marcel, mais je ne bois pas d’alcool, mais je prendrais un bon verre d’eau pendant que tu bois ta bière. On va discuter. »

– « De l’eau, voyons donc, laisse-moi au moins t’offrir un Coke. La prochaine fois, j’aurai de la bière sans alcool pour toi. »

Deux semaines plus tard, devant un couscous chez Mo’ », Marcel parle de faire un voyage en Floride en VR avec Mohammed et Aïcha. « Vous allez voir, c’est la vie de pacha. »

Ça, chers amis, c’est le Québécois moyen dans toute sa splendeur.

Sauf qu’il commence à en avoir plein son casque d’être incompris et méprisé par des nullités.