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Les amateurs de porno ont des comportements sexuels plus à risque

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Les consommateurs de pornographie ont des comportements sexuels plus à risque, selon une rare étude québécoise sur le sujet qui révèle par ailleurs que la pornographie n’intéresse pas seulement les hommes.

Ces constats sont tirés d’une enquête réalisée par Camille Leblanc, candidate au doctorat en psychologie clinique à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et seront présentés lors du congrès de l’Association pour le savoir francophone (ACFAS), qui se déroulera toute la semaine à Gatineau.

Cette recherche par questionnaire a été réalisée auprès de 990 participants âgés de 16 à 83 ans, dont une majorité de femmes. La moyenne d’âge des personnes interrogées est de 24 ans. Parmi les répondants, 64% ont déclaré consommer de la pornographie.

Ceux qui fréquentent des sites de pornographie en ligne affirment avoir davantage de relations sexuelles non protégées, avoir eu un plus grand nombre de partenaires sexuels et avoir plus fréquemment des aventures d’un soir.

Même si cette étude permet de constater que les consommateurs de pornographie en ligne ont des comportements sexuels plus à risque, elle ne permet toutefois pas d’établir une relation de cause à effet entre ces deux réalités, précise Mme Leblanc.

Ces résultats démontrent néanmoins qu’il est pertinent de faire de l’éducation par rapport à la pornographie en ligne, afin de rappeler à ceux qui en consomment que les images véhiculées sont rarement le reflet de la réalité, affirme la chercheuse.

«Le fait de consommer de la pornographie peut être marginalisé ou stigmatisé, alors que c’est une pratique de plus en plus courante dans la sexualité contemporaine. Il faut en parler, défaire les tabous et sensibiliser les gens au fait que ce qu’ils observent dans la pornographie n’est pas nécessairement représentatif d’une relation sexuelle saine», ajoute-t-elle.

Femmes et porno

La professeure Dominique Trottier, qui a supervisé les travaux de Mme Leblanc, souligne par ailleurs que cette étude permet de constater que contrairement aux perceptions, la pornographie n’intéresse pas seulement que les hommes.

Parmi les femmes interrogées, plus de la moitié (55%) ont affirmé consulter des sites pornographiques en ligne. Chez les hommes, ce chiffre grimpe à 89%.

«Notre recherche montre que la pornographie, ce n’est pas qu’une affaire d’hommes. C’est une affaire de personne ayant une sexualité et ça se traduit par des comportements sexuels tant chez les hommes que les femmes», affirme-t-elle.