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Montréal, ville ouverte

Narcos PQ
Photo courtoisie Une scène du documentaire Narcos PQ.

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Conseil d’ami : si vous n’avez pas encore vu Narcos PQ, le grand reportage du Bureau d’enquête réalisé par Félix Séguin et Ninon Pednault sur la présence des cartels mexicains au Québec, ne perdez pas de temps et visionnez-le subito presto sur illico.

Vous verrez, c’est assez décoiffant, merci.

MONTRÉAL VICE

Je ne sais pas si c’est parce qu’on a trop écouté Miami Vice dans les années 80, mais chaque fois qu’on entend parler des cartels mexicains, on pense toujours à la Floride ou à la Californie.

Des petits moustachus tatoués qui brassent de grosses affaires à l’ombre des palmiers, une blonde en bikini sous chaque bras.

Pourquoi ces criminels endurcis s’intéresseraient-ils au Québec ? Après tout, nous sommes de petits joueurs, non ?

Eh bien non, justement.

Nous avons une vision naïve du Québec.

Montréal est le centre névralgique de la porno sur internet (nos sites de cul, qui font saliver la planète entière, génèrent un milliard de dollars de revenus par année).

L’un des plus importants lieux de recrutement des réseaux islamistes (comme l’essai Montréalistan du journaliste Fabrice de Pierrebourg l’a démontré).

Et l’une des capitales mondiales du trafic de drogues.

Montréal n’est pas un petit joueur avec une « petite criminalité locale ». Montréal est un très gros joueur, qui intéresse les plus importantes organisations criminelles de la planète.

Dans leur reportage passionnant, Félix Séguin et Ninon Pednault nous montrent, à l’aide d’images animées particulièrement bien réalisées, toutes les ramifications qui unissent les « petits bandits québécois » aux « gros bandits mexicains ».

Les cartels ont des représentants qui vivent à Brossard, à Saint-Léonard, à Laval et dans l’ouest de Montréal !

S’ils étaient encore en service, James Crockett et Ricardo Tubbs passeraient quelques semaines par année au Québec, avec un habit de ski-doo pastel !

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

PIRE QUE STEPHEN KING

Les agents des services frontaliers avaient averti Justin Trudeau : si vous faites sauter l’obligation aux Mexicains d’obtenir un visa pour venir au Canada, on va se retrouver avec un sacré gros problème sur les bras.

Justin ne les a pas écoutés.

Tout content de montrer au monde entier qu’il était le remède à Trump, notre premier ministre a facilité le passage à la frontière.

Résultat : plus de 400 criminels endurcis vivent parmi nous en toute liberté, sans être embêtés par qui que ce soit.

On a perdu leur trace ! On ne sait pas où ils sont !

Tiens, je vous donne un autre conseil d’ami.

Si vous voulez tout savoir sur les cartels mexicains, lisez la trilogie de Don Winslow : La Griffe du chien, Cartel et The Border, qui vient tout juste d’être publiée.

Les meilleurs romans policiers que j’ai lus. Et de loin !

Ces livres (fruits d’une longue recherche journalistique menée sur le terrain par Winslow lui-même) sont plus effrayants que tous les livres de Stephen King mis ensemble.

Ces gars-là ne sont pas juste des bandits. Ce sont des psychopathes, des tueurs en série, qui n’hésiteraient pas une seconde à jeter des enfants de trois ans en bas d’un pont.

Et grâce à notre Bureau d’enquête, nous savons que 400 d’entre eux vivent ici.

Plusieurs s’en souviendront aux prochaines élections fédérales.