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Des patients vont à l’urgence jusqu’à 20 fois par année

La quasi-totalité de ces visites n’aurait pas sa place selon une chercheuse

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 Renouveler une prescription, faire le suivi d’un arrêt de travail ou des problèmes familiaux, voilà pourquoi des patients vont jusqu’à 20 fois par année à l’urgence y chercher des soins qu’ils pourraient obtenir ailleurs. 

 C’est le constat de Marie-Hélène Blais, étudiante au doctorat en sciences infirmières à l’Université du Québec à Trois-Rivières, qui présente aujourd’hui le résultat de sa recherche au 87e congrès de l’Association canadienne francophone pour le savoir (ACFAS) à Gatineau. 

 Elle-même une ex-infirmière qui travaillait dans une salle d’urgence, elle a eu l’idée d’enquêter sur les patients qui reviennent à répétition après s’être rendu compte qu’elle commençait à en connaître certains par leur prénom. 

 Avec l’aide de l’archiviste du Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de sa région, elle a recensé 30 patients qui avaient fait plus de 10 visites en une seule année dans une salle d’urgence du Centre-du-Québec. De ce nombre, 25 patients n’étaient même pas suivis ailleurs, par un médecin de famille ou un CLSC et n’utilisaient que les urgences pour leurs soins de santé. 

 300 visites 

 Parmi ces quelque 300 visites, la quasi-totalité n’avait pas sa place à l’urgence. 

 « Mais le patient consulte, car il croit que son état de santé le nécessite », dit Mme Blais. 

 Un constat accablant alors que les hôpitaux du Québec cherchent à diminuer le temps d’attente à l’urgence. 

 L’état de santé de ces grands consommateurs de soins à l’urgence a été étudié, poursuit-elle, mais rarement s’était-on attardé aux déterminants sociaux. 

 Or, la recherche de Marie-Hélène Blais démontre qu’il n’y a pas d’âge, de sexe, de revenu moyen ou de niveau d’éducation qui peut rassembler ces patients récurrents. 

 « C’est disparate [...] C’est ça qui est étonnant », souffle-t-elle. 

 C’est pourquoi elle estime que l’urgence doit s’adapter et offrir une approche individualisée à ces malades. 

 « Tu ne peux pas détourner quelqu’un qui n’a pas les connaissances [pour aller ailleurs], tu ne peux pas lui dire de ne pas revenir », dit-elle. 

 « C’est dans la structure qu’il doit y avoir un changement, comme d’offrir d’autres services, mais à l’urgence puisque les patients sont là », croit Mme Blais. 

 « Une fois que le patient est là et trié une première fois par l’infirmière, y aurait-il moyen de le référer à une infirmière clinicienne qui poursuivrait avec lui de façon plus approfondie ? » suggère l’étudiante. 

 « Pourquoi attendre quatre, cinq ou même 10 fois [qu’un patient vienne à l’urgence] avant qu’il y ait une cloche qui sonne ? » s’interroge-t-elle.  

 ► Le 87e congrès de l’ACFAS se déroule toute la semaine à Gatineau. 

  

 Quelques raisons de consultations invoquées à l’urgence  

  •  Renouvellement d’une prescription 
  •  Suivi pour un arrêt de travail (pour la CNESST) 
  •  Problèmes familiaux 
  •  Problèmes gastro-intestinaux 
  •  Chute 
  •  Douleur abdominale chronique 
  •  Congestion 
  •  Céphalées ou étourdissements 
  •  Symptômes de la grippe