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Écrire pour des clics

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J’oscille entre lire les commentaires haineux qui me sont adressés ou prétendre qu’ils n’existent pas. J’ai beau dire qu’avec le temps, je me suis blindée contre la méchanceté numérique, mais ce n’est jamais tout à fait vrai. Certaines injures font mal à l’âme, d’autres à la réputation. Toutes servent à démolir quelqu’un. Parfois, cela fonctionne. Mais pas toujours.

Une seule question demeure sans réponse : Pourquoi ?

Quelle justice ?

Je suis toujours étonnée de voir des gens qui se définissent comme des « social justice warriors » (guerriers pour la justice sociale) tomber sur quelqu’un à bras raccourcis, avec des mots choisis exprès pour humilier, parce que cette personne a le culot d’exprimer des opinions différentes des leurs, les seules qui vaillent.

La nouvelle gauche a toujours raison.

Ce comportement n’est pas le reflet d’une préoccupation pour la justice sociale, mais d’une volonté d’écraser l’opposant.

La nouvelle gauche se fout bien de la liberté d’expression des autres. Seule la sienne l’intéresse.

Un certain Ethan Cox, cofondateur du média en ligne de gauche Ricochet, semble s’être mis dans la tête que je représente un danger public, à l’instar de ceux qui écrivent sur l’islam politique et ses dérives ou qui appuient le projet de loi 21, parce que je suis identifiée à la droite et parce qu’il m’arrive de condamner sans ménagements les manifestations hystériques des lobbies religieux. Tous.

En plus, je dois me défendre de fausses accusations.

Fausses infos

M. Cox m’accuse d’avoir publié depuis janvier 53 chroniques sur l’islam, l’islamisme, l’immigration, le projet de loi 21, le multiculturalisme et le nationalisme blanc (?).

Depuis janvier ? Impossible. Je suis donc partie à la pêche à l’anguille sous roche.

Depuis janvier donc, j’ai publié environ 100 chroniques. La moitié n’aurait pu être consacrée au même sujet. J’aurais reçu un appel d’en haut.

J’ai vérifié la source de M. Cox : son décompte commence en janvier 2018, pas en janvier 2019. La vérité c’est que j’ai écrit une cinquantaine de chroniques reliées de près ou de loin à l’islam politique sur un total de 240 chroniques en 2018, plus 100 chroniques en 2019.

Cinquante chroniques sur 340 en 2018-2019, représentent 15 % des textes, ce qui n’est pas exagéré pour des sujets brûlants d’actualité.

« J’aurais dû »

Tout ce que mon accusateur a trouvé à dire quand j’ai souligné sa fausse nouvelle, c’est « j’aurais dû ajouter l’année pour être plus clair ». Mais il a préféré m’accuser de fomenter la haine et la peur des minorités pour des cheap clicks.

Une fois pour toutes : ce n’est pas tout le monde qui écrit pour des clics. Depuis des décennies que je pratique le métier de journaliste, je n’ai jamais eu qu’une autorité suprême : le lecteur, la lectrice. Pas la machine qui enregistre les clics.

Un membre du corps diplomatique faisait circuler cette « fausse nouvelle » de « clics pour du cash » dans les cocktails l’automne dernier pour expliquer pourquoi je parlais moins de son pays... que je me fais ici même un plaisir de ne pas nommer. Il y aurait trop de clics...