/opinion/blogs/columnists
Navigation

Les robots sont sexistes

Coup d'oeil sur cet article

 On n’a jamais autant parlé d’égalité femmes-hommes, de consentement, de langage inclusif. Mais apparemment, les robots n’ont pas reçu le « mémo ». 

 Le 17 mai, l’UNESCO publiait un rapport accusant les assistants vocaux comme Siri (Apple) et Alexa (Amazon) de véhiculer des stéréotypes sexistes. 

 Ces assistants à la voix féminine sont dotés de personnalités dociles. Par exemple, quand on dit à Siri : « Hey t’es une salope », savez-vous ce qu’elle répond ? « Je rougirais si je le pouvais ». On ne parle plus de docilité, mais de soumission. 

 Qu’on ait prévu que les utilisateurs agresseraient verbalement une machine et qu’elle ait été entraînée à y répondre de manière aussi conciliante, c’est désolant. Une société inclusive en est une où les stéréotypes se font montrer la porte de sortie. 

 Mieux éduquer les robots 

 Machines et robots prendront de plus en plus de place dans nos vies. La vigilance est de mise pour que ces technologies ne reproduisent pas les travers humains dont nous voulons nous débarrasser. 

 Les concepteurs des systèmes d’intelligence artificielle les entraînent sur des données produites par vous et moi. Les textes et photos que nous publions sur le web, par exemple. Ces données sont teintées de nos préjugés. C’est ainsi que les machines apprennent à être sexistes. 

 Parmi les recommandations proposées par l’UNESCO, on retrouve : 

 Que ceux qui programment ces assistants vocaux soient sensibilisés à la question. Précisons que 88 % des chercheurs et concepteurs dans le domaine de l’intelligence artificielle sont des hommes. 

 Que plus de femmes fassent partie des équipes de recherche et développement en technologie. 

 Un morceau de robot 

 Bonne nouvelle : des chercheuses de l’Institut québécois d’intelligence artificielle sont justement en train de créer un outil informatique, nommé BiaslyAI, qui repérera et corrigera les stéréotypes sexistes dans les textes. Merci Yasmeen Hitti, Carolyne Pelletier, Andrea Eunbee Jang et Ines Moreno de faire ce travail nécessaire. Je vous donne un morceau de robot !